Arch. chrct., pl. XLIX, p
2. Baugescbicbllicbe foi scbttugeu in Deutschland. Die Kloster und sliftskircben auf der insel Reicbenau von F. Adler, 1870, Berlin.
3. Ce plan a été reproduit tant de fois que nous nous abstenons de le rapporter. On le verra entre autres dans M. Albert Lenoir, Arch. monast.
Viollet-le-Duc, Dict. d'arcli.
Jean Évangéliste, par l’enceinte qui fermait le grand chœur et défendait l’approche des ambons.
Au bout du grand chœur on montait sept marches pour arriver au presbyterium où s’élevait l’autel de la Sainte-Vierge et de saint Gall, et on descendait d’autres marches pour pénétrer dans la confession, gardienne des reliques du Saint. Le presbyterium était enveloppé d’une clôture à arcades que la légende du plan désigne sous le mot involutio arcuum. Enfin dans l’abside orientale s’élevait l’autel de saint Paul, de sorte que l’église était pour ainsi dire à ses deux extrémités défendue par les Princes des apôtres.
On verra d’après ce plan que tout était consacré aux moines. Les abbés cherchèrent plus tard à modifier ces dispositions, comme il apparaît dans les monastères de Cluny et de Cîteaux, et elles furent totalement abandonnées dans les cathédrales des xue et xme siècles. Cependant les cathédrales rhénanes les rappellent encore, ainsi celles de Bamberg, de Trêves, de Worms, Mayence, Spire, conservent les deux absides et des clôtures richement sculptées.
La cathédrale de Cantorbéry dont l’ancien plan ressemblait tout à fait à la basilique romaine et qui était orientée possédait deux absides à ses extrémités; l’abside occidentale fut sans doute ajoutée par l’archevêque Odon en 950 1.
La France nous fournit quelques exemples de doubles absides pendant le moyen-âge; telles sont les cathédrales de Strasbourg, Besançon, Nevers; la cathédrale de Verdun, avant la restauration du siècle dernier présentait également deux absides. Dans la cathédrale de Nevers l’abside orientale est destinée aux offices du chapitre, l’occidentale est consacrée à sainte Julitte, mère de saint Cyr, patron de la cathédrale. Le transept n’occupe pas sa position normale entre le chœur et la nef, il est rejeté à la base de la nef, comme aux Saints-Apôtres de Cologne 2. Ces plans ne rappellent nullement ceux adoptés au xii' siècle dans les églises du domaine royal, de la Normandie, du Poitou et de l’Aquitaine; ils renferment un élément étranger aux traditions latines, élément déjà introduit en Austrasie à l’époque de Charlemagne 3.