On peut consulter pour ce monument
F abri, Sagre memorie, p. 215.
Ribuffi, Guida, p. 43.
Corrado Ricci, Ravenna, p. 213.
Zizardini, c. vm,p. 133.
Beltrami, Il forestière, p. 181.
Cet ambon formé sur un plan circulaire avec deux entrées pour les escaliers, offre dans le milieu un fronton soutenu par des colonnes torses et accompagné de deux arcades avec coquilles au-dessous, calices et pampres qui s’en échappent. Cette petite ordonnance architecturale est terminée par des pilastres et, sur le retour, par des croix et deux autres pilastres. La décoration des deux faces de l’ambon est identique.
Les colonnes qui soutenaient sans doute ce marbre et les escaliers ont disparu. La tradition dont Fabri s’est fait l’écho en appelant ce monument « una delle più venerabili antichità che siano in Ravenna », s’accorde parfaitement avec le style luimême; nous retrouvons ici la même sculpture qu’à l’autel du Dôme, les colonnes torses, les coquilles dans les arcades ; les calices d’où sortent les pampres, rappellent ceux des mosaïques de Saint-Vital ; les feuillages du milieu ont un caractère spécial au vi° siècle et dont l’autel de Classe, l’autel de Torcello nous offrent des exemples. Les deux croix latérales surmontant un cercle, se retrouvent sur les monuments du même temps L (PL CLXXVI.)
L’ancienne église S.-Martinus-in-Cœlo-Aureo, aujourd’hui Saint-Apollinaire fut construite par Théodoric dans les premières années du vie siècle. Au temps de l’historien Agnellus, on y voyait encore une inscription sur une des fenêtres de la tribune, ainsi conçue : « Theodoricas rex hanc ecclesiam a fundamenlis in nomme Domini Jesu Chrisli fecit. » Elle fut rendue au culte catholique en 560. Au milieu de la nef, à droite, en entrant, s’élève un grand pulpito de marbre que Fabri (p. 1 22) vit encore garni de ses deux escaliers, comme on l’apprend dans le passage suivant : « Sta un pulpito grande di marmo vagamente « intagliato con scale simili da ambe le parti, ed è « questo un di quei pulpiti, che dagli antichi con la « voce latina fù detto ambo dalla parola ambire per « esser circondato e cinto, da due ordini di scale e « servivansene nelle chiese anticamente per cantar « gli Evangelij, costumandosi, che il diacono salisse
1. On peut consulter pour ce monument les ouvrages suivants :
Fabri, p. 349-
Ricci, p. 22.
Ribuffi, p. 68.
Le P. Garrucci en publie une gravure, VI, pl. CCCCXI, p. 10.
AMBONS
(pl. CLXXI) nous parait correspondre le mieux à cette description. Un seul bloc de marbre, des colonnes en dessous, des parapets autour, une plateforme à laquelle on parvient par quatre degrés, tout se ressemble, sauf la dimension ; car à Salonique, nous avons un palier de o"’76 seulement, et ici, Grégoire de Tours nous dit que huit personnes pouvaient prendre place dans cette tribune sacrée. Je n'hésite pas à traduire ainsi ces mots : pulpitum sub quo octo personœ recipi possunt, l’expression sub quo n'a de sens raisonnable que comprise de cette façon. A cause de cette grande dimension, nous sommes obligé de renoncer au monolithe pour l'ensemble du monument, ce qu’on peut inférer de l’expression subier columnæ et de n’appliquer cette désignation qu’à la cuve elle-même. On a vu dans les ambons de Ravenne que les escaliers, les colonnes du dessous, ont presque partout disparu, et nous ne possédons plus que la cuve taillée dans un seul bloc et pour cela indestructible.
Le nombre de quatre marches semble indiquer une médiocre hauteur de la plate forme au-dessus du sol Je n’ai pas besoin de montrer combien est invraisemblable l’hypothèse de Thiers qui traduit quatuor gradus par quatre escaliers. Nous n’avons pas d’exemple de cette disposition. On trouve souvent deux escaliers mais jamais quatre, et de plus, ici, la concision des termes : per quatuor gradus indique, non-seulement qu’il n’y avait que quatre marches, mais qu’on ne montait que d’un seul côté, comme à Salonique. Ceci suppose peu d’élévation, pourtant on verra par l’exemple de nos premiers ambons, par la raideur des échiffres que nous avons retrouvés à Venise, et dont la pente indique des degrés de oœ2 5, que les hauteurs des marches étaient considérables, et nous pouvons élever notre plate-forme d’au moins im au-dessus du sol, ce qui donne encore une bonne proportion aux colonnes. Les colonnettes qui supportent le petit ambon de Saint-Marc de Venise n’ont que i m 3 5 de haut.
Le diamètre de la cuve nous est fourni approximativement par le nombre de personnes qui prenaient part à la lecture ; nous supposons six colonnes comme aux deux ambons de Grado et de Venise. Ces colonnes étaient couronnées de chancels, que le texte paraît montrer circulaires, cancelli in circuitu. C'est évidemment sur leurs panneaux de marbre que le luxe sculptural, dont parle saint Grégoire, se déployait principalement.
A cette époque, on aimait à y représenter le calice mystique, laissant échapper de ses bords des tiges de pampres. L’ambon de Saint-Pandéleimon à Salonique, de Spirito-Santo à Ravenne nous en présentent des exemples ’ .
VIL SIÈCLE
Nous avons pour le viT siècle moins de richesses monumentales à fournir que pour le vie ; cependant, même en Italie, sous le sceptre grossier des Lombards, notre histoire n’est pas dépourvue de documents.
Il n’était pas rare de voir ensevelir des personnages de distinction au pied de l’ambon : « Saint Aurelia- « nus, nous dit Agnellus (Ravenne), fut enterré dans « l’église de Saints-Apôtres près de l’ambon, non loin « du tombeau où reposait le bienheureux Néon avant « que n’ayons transféré ses reliques. »
Au vne siècle, à Rome, l’ambon ne servait pas seulement à la lecture de l’Épître et de l’Évangile, on y faisait encore les communications aux fidèles ; il est dit à propos du concile de Latran tenu sous saint Martin Ier: « Capitula numéro novem in ambonepræ- « dicans. »
Anastase mentionne à cette époque l’ambon des Saints-Côme-et-Damien dont Sergius (687) eut l’honneur de la construction : « Fecit ambonem et cybu- « rium in basilicâ SS. Cosmæ et Damiani ubi et « multa dona obtulit. » Panvinio, dans ses notes manuscrites, décrit les deux pulpiti de cette église ornés de marqueterie de porphyre, de serpentine, ouvrage dont il ne reste plus de trace. Il est probable qu’un des deux ambons ne remontait pas à l’origine et fut contemporain du ciborium reconstruit en 1155 par le cardinal Guido 2.
L’ambon du Dôme de Torcello se compose aujourd’hui d'une tribune soutenue par quatre colonnes. Un escalier richement orné qui lui donne accès, est coupé par un lectorium intermédiaire et plus moderne que supporte une colonne octogonale. Les marbres