‹ La messe (volume 2)Chapitre 43 sur 245 · Ecclesiaslical architecture · texte numérisé non relu

Ecclesiaslical architecture

Die Bauwerke, in derLombardei, Friedrich osten, Darmstadt, pl. XXXIV. Sur la gravure qu’il en donne, cet auteur a figuré une croix sur l’imposte.

AMBONS

yait même dans les monstres bizarres et les grossières fantaisies des basiliques qui portent leur nom, un souvenir des régions du nord, des mythes encore à demi païens imposés aux populations,' chrétiennes del’Italie. Les travaux récents d’une archéologie plus sérieuse, ont mis à néant ces imaginations et démontré que les Lombards, comme il arrive le plus souvent aux conquérants, ont subi le jougdes artistes du pays vaincu, qu’ils ont pris la manière de bâtir et d’orner de la décadence romaine sans rien innover. On s’est persuadé alors que Saint-Michel, l’édifice le plus souvent cité, avait pu être fondé par un roi lombard, mais que son style appartenait à l’ère romane. Nous pouvons donc hardiment appliquer à nos ambons dont le style est identique avec le reste de l’édifice, ce qui est dit de l’église et les attribuer au xic siècle. Au reste, le plus simple et le moins expérimenté coup d’œil suffirait à persuader nos lecteurs que le monument, les lourds profils, les colonnes trapues que nous leur mettons ici sous les yeux n’ont plus rien de commun avec l’architecture antique '.

(PI. CLXXXVI.) On voit à Saint-Marc un ambon dressé du côté de l’Évangile et sur lequel on a eu l’idée singulière d’en ériger un autre plus petit. La cuve octogonale est composée de dalles de marbre vert avec larges taches plus claires ; il y en a un second à peu près semblable du côté de l’Épître. On s’est servi pour constituer ces ambons de fragments fort anciens, mais sans doute étrangers à la destination qui leur a été prêtée ici. La dalle du milieu porte une moulure qui rappelle les parapets des galeries supérieures de Sainte-Sophie, la croix paraît appartenir par sa forme à l’époque primordiale byzantine, c’est-àdire au vie siècle ; on remarquera seulement que ce panneau a été posé de travers dans son encadrement qui n’était pas fait pour lui, le tore du bas à dû être coupé pour l’y encastrer, il doit provenir sans doute des chancels d’une église orientale.

Les chapiteaux des colonnes soutenant la cuve nous paraissent de l’époque de la mise en œuvre à Saint- Marc ; leurs fûts sont d’une variété et d’une richesse de marbre remarquable; lesbrèchesy dominent et nous présentent un riche dessin ; la petite colonnette octogonale du centre se rattache aussi au travail vénitien ;

i . Consulter pour ce monument : De Darteix, ±Arch. lombarde, pl. XLVIII, p. 218.

D’Agincourt, pl. XXIV,

Hubsch, pl. LUI, LIV.

l’ange thuriféraire qui soutient le livre est du xme ou xive siècle. En résumé, l’ambon que nous étudions met sous nos yeux des fragments du vie siècle, employés au xi° siècle pour Saint-Marc *.

Ambon de Saint-Marc, figuré dans une mosaïque du transept.

Nous venons de dire qu’au-dessus de cet ambon il y en avait un autre plus étroit; ce dernier était autrefois isolé ; porté par six colonnes polygonales, il se compose de six demi-cercles, sur lesquels l’orateur pouvait se placer ; il est surmonté d’un dôme, que soutiennent six colonnettes et, au sommet, d’une croix sur une statuette. Les parties circulaires de la tribune sont ornées de tables rentrantes. Le pupitre pose sur les ailes d’un aigle qui foule un dragon aux pieds et qui surmonte une colonnette. Les ornements de la coupole sont peints sur or. (Pl. CLXXXIX.) L’origine orientale de ce monument apparaît à première vue ; les moulures, le chapiteau renflé à la corbeille, sont d’un caractère arabe ; on peut les comparer avec ceux du tombeau de la mosquée Barkauk 1 construite en 1 149. Il figure dans la mosaïque représentant la dédicace de l’église qui est du xme siè-

1 . Pendant que nous parlons de Saint-Marc, nous devons mentionner une peinture qui existait encore, il y a peu d’années, dans les voûtes du baptistère de cette église, et qui représentait saint Jean dans un ambon prêchant la foule. Cet ambon était arrondi par devant et ouvert derrière où il se terminait par de grands montants. Il était porté sur des arcatures basses et garni en avant d’arcades décoratives.

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