Voici les noms que nous trouvons dans Gains
Landulfus — Capoue . 856.
— Brescia . 921.
— Milan . 980.
— Gênes . 993.
— Brescia . 1007.
— Turin . ion.
— Gênes . 1015.
etc.
On en trouve jusqu’au xive siècle.
XIIe SIÈCLE.
EXULTET.
d’elles est cannelée. Ces colonnes, comme aux pulpiti du xme siècle, reposent sur le dos de deux lions d’un style arabe, rappelant ceux de la façade du Dôme. Au centre, une arcade plus basse, soutenue par des colonnes d'or, encadre une tête symbolique de l'Océan. Le corps même de l’ambon est occupé dans le haut par un aigle entre deux monstres qui dévorent des hommes, et dans le bas par une série de panneaux renfermant des animaux allégoriques. L’aigle a des ailes bleues, rouges et violettes, le corps vert. Les panneaux, encadrés dans des champs d’or, offrent des animaux, rouges, minium, bleus, violets, sur fonds verts ou violets. Voici l’ordre dans lequel ils sont rangés : i° griffon; 2° chien; griffon; 4° renard; 50 chimère; 6° phoque; 70 poisson; 8° lion 2.
L’aigle qui figurait dans les armoiries de Pise est ici l’image de l’homme pécheur qui se convertit; on sait, d’après l’antique bestiaire, que l’aigle avait le don de se rajeunir et de redevenir aiglon, en se tiempant dans la source : « Et toi aussi tu rajeuniras, mais « pourvu que tu portes en toi les principes anciens. « Si tes yeux sont obscurcis, cherche la source qui « a dit : Ils m’ont abandonné, moi la source éternelle; « c’est Jésus-Christ. Alors le Seigneur arrachera les « vêtements dont t’a couvert le démon, et tu n’en- « tendras plus ces paroles : Vieilli dans les jours de « la perversité, comme on le disait de tes ancêtres. «Tu rajeuniras si tu es plongé dans la source éter- « nelle au nom du Père et du Fils et du Saint- « Esprit. » Le R. P. Cahier 1 croit que ce bestiaire remonte à Tatien et aux gnostiques, il en suit la tradition dans le moyen-âge.
Une image qu’on voit sur la façade de la cathédrale de Pise et qui représente l’homme en prière entre deux lions, symbole des démons prêts à le dévorer, exprime la même pensée qu'ici. L’aigle, figure de l’innocence et de la jeunesse recouvrées, déploie ses ailes au-dessus des démons, de leurs victimes et de la série des vices vaincus que l’auteur s’est plu à représenter dans la série des tableaux inférieurs; on voit là le griffon dont Dieu avait défendu de manger la chair comme impure et qui représente le démon. Le chien, emblème d’impureté : « Nolite dare Sanctum canibus. (Matth., vii, 6.) Foris canes et venefici et impudici. ( Apocal ., xxn, 15.) » Le renard, dont le nom représente l’astuce et le mensonge, et que le Sauveur donnait à Hérode.
Ces tableaux des vices paraîtraient singulièrement exposés ici sous les yeux des fidèles si l’aigle ne les dominait comme dans tous les portails de nos cathédrales, nous voyons les saints fouler les bêtes infernales sous leurs pieds triomphants; la même idée de victoire est reproduite ici; ajoutons que deux paons, promesse d’immortalité, reposent sur les arcades audessus de l’escalier où les fidèles accourent avec des gestes d’admiration.
Quelques versets plus loin, on voit un autre ambon dans les rampants duquel on a peint aussi deux dragons qui s’enroulent dans leurs anneaux.
Le style de cette peinture, comme on pourra le voir sur notre gravure, est des plus grossiers; c’est à peu près le dernier degré de la barbarie où l’art devait descendre. Le parchemin est à peine recouvert de teintes plates, claires et serties par les traits du dessin le plus incorrect. L’architecture- venait de se relever par un élan sublime dans le Dôme de Pise, mais la peinture qui suit toujours lentement ses progrès ou ses déclins restait encore fort loin d’une renaissance quelconque.
Manuscrit du xu* siècle à Pise, recopié au xiv* à cause de son état de vétusté.