Revue de l'art chrèt., III
AMBONS
devint au xn® siècle à Rome, ce qui assura sa conservation. A Reims, par exemple, c’était une colonne en bois extrêmement élevée, à Coutancesetà Durham il était tellement élevé qu’on ne pouvait l’allumer que par les voûtes.
Les clôtures du chœur de Sainte-Marie-in-Cosmedin ont disparu, mais les deux ambons subsistent dans un bon état de conservation. Celui de droite est garni d’une tribune à pans et ornée de plaques de porphyre et de colonnettes corinthiennes. Sur les murs de l'escalier règne une doucine feuillagée qui encadre des marbres richement veinés et des mosaïques. Un banc s’étend dansle soubassement ; à gauche, en dehors de l’escalier de marbre, se dresse une colonne torse supportée par deux lions et destinée à recevoir le cierge pascal ; deux vers gravés sur le piédestal en gothique ronde au xme siècle nomment le donateur. (PI. CCI.)
VIR PROBUS ET DOCTUS PASCAL1S RITE VOCATUS SUMMO CUM STUDIO CONDIDIT HUNC CEREUM
Ce cierge, nous dit Mgr Barbier de Montault, rappelle le souvenir des quarante jours que Jésus- Christ passa sur la terre après sa résurrection. Sa vraie place est près de l’ambon, où le diacre le pose lui-même lorsqu’il le bénit, le Samedi-Saint. Le lion est un symbole parfaitement approprié à cette destination, comme exprimant la résurrection glorieuse du Fils de Dieu.
J’ai entendu dire que le chandelier de marbre (1320) qu’on voit aujourd’hui au baptistère de Florence et que surmonte un ange de Donatello provenait de Sainte-Marie-in-Cosmedin, mais on ne peut pas en supposer deux dans la même église et celui que nous venons de décrire est antérieur comme date.
Cet ambon doit remonter, du moins en majeure partie, au cardinal Alfani qui restaura la basilique au xiie siècle, ses moulures rappellent celles de son tombeau. La date est précisée par l’inscription qu’on lit sur la tranche de l’autel : « An.no M. CXXIII indic. I dedicalum est hoc aliare per manus Domni Calixti pape II. V. sui pontificatus anno mense maio, die VI, Aljano camerario eius dona plurima largienle ’. »
L ancien chancel est encore dessiné par la marche qui lui servait de socle et par la rainure d’encastre-