‹ La messe (volume 2)Chapitre 57 sur 245 · Rational, trad. de Barthélemy, IV, 426, notes · texte numérisé non relu

Rational, trad. de Barthélemy, IV, 426, notes

XIIe SIÈCLE. — ROME. — SAINT-CLÉMENT.

seulement dans les peintures qu’on vient de passer en revue, elle se constate avec plus d’évidence sur les monuments eux-mêmes. Après les terribles déchirements dont la chrétienté avait souffert sous Grégoire VII, l’occident reprit un peu de calme; on put relever les églises et leur rendre leur mobilier détruit. Mais cette restauration se fit avec un fidèle respect des traditions, comme on le verra par les ambons que nous allons examiner. Le double escalier, les parapets, la cuve centrale où se tient l’orateur, les ornements eux-mêmes qui les décorent nous reportent à l’ambon figuré dans le ménologe du Vatican, image lui-même des premiers ambons de l’orient.

On a longtemps confondu l’époque des ambons de Saint-Clément avec celie des clôtures qui s’y rattachent 1 et qui sont incontestablement du vie siècle, comme nous aurons occasion de le prouver ; leurs marbres, leurs moulures, leur style ne permettent pas cette confusion et les reportent au temps de la reconstruction de l’église (i 1 1 2). Ils sont tous deux fort simples; celui de l’Évangile (pl. CXCIX) se compose d’une tribune ornée de pilastres et à laquelle on monte par un double perron de sept degrés ; il est en brèche violette sauf deux grands disques oblongs, lesquels sont en marbre noir veiné et en marbre vert. Sur le devant, s’étend un banc en brèche violette et tourmentée. A gauche s’élève un cierge pascal en spirale avec mosaïque. (Pl. CC.) En face de cet ambon, est celui de l’Épitre, carré et précédé sur son escalier par un troisième pulpito tourné vers le peuple et qui était destiné à la lecture des psaumes, des prophéties et leçons de l’Ancien-Testament. Ce pupitre situé dans un angle rentrant est supporté par trois colonnettes appuyées aux clôtures et une quatrième qui descend de fond. Les champs sont ornés de mosaïques. Nous ferons remarquer en parlant des clôtures que plusieurs fragments de marbres du vie siècle sont entrés dans sa construction.

Le chœur de Saint-Clément nous permet d’étudier l'ancienne disposition des ambons qui sont encore là à leur place authentique et ils forment peut-être le plus ancien exemple des deux pupitres séparés pour la lecturede l’Évangile et de l’Épître; celui de l’Évangile prit alors comme caractéristique le cierge pascal élevé sur un de ses côtés, le double perron, l’aigle,

1. Grimaldi. Voir dans les sigles de Saint-Clément le monogramme de Nicolas Ier. (Bibliothèque ambroisienne, mss. 168.)

etc. Ici le pupitre de l’Évangile se trouve au sud de la Schola cantorum, comme il était à Saint-Pierre, à Saint-Pancrace et comme aujourd’hui encore il sert à la lecture. Il est certain que les marbres n’ont pas changé de place depuis le xne siècle et cependant à Sainte-Marie-in-Cosmedin à la même époque et plus tard dans les églises de Saint-Laurent-hors-les-Murs de Rome, le Dôme de Salerne et de Benevent, etc., l’ambon de l’Évangile désigné par le cierge pascal se trouve sur la face opposée. On peut conclure de cette divergence que l’époque de la construction de Saint- Clément (1112) n’avait pas de règle arrêtée comme toutes les époques de transition.

Manuscrit de Pise, bénédiction du cierge pascal.

C’est ici la première fois que nous rencontrons un cierge pascal sur nos monuments ; on ne peut douter cependant qu’il n’ait existé très-longtemps avant l’époque romane. Le pape Zosime (417) passe pour avoir constitué sa bénédiction ; le sacrementaire du pape Gélase marque que cet usage était établi dès le v° siècle; saint Ennodius, évêque de Pavie au commencement du vie siècle, nous informe que 1 on distribuait aux fidèles des morceaux du cierge pascal. Le quatrième concile de Tolède (633) en fait mention1. Le vénérable Bède nous apprend que les moines qu’il avait envoyés à Rome en 701, remarquèrent la date de Pâques inscrite sur le cierge pascal de Sainte-Marie-Majeure2. Si nous n’avons pas conservé de monuraent de ces époques primitives, il faut croire que le chandelier n’était pas fixe, comme il le

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