‹ La messe (volume 2)Chapitre 83 sur 245 · Consulter pour cet ambon · texte numérisé non relu

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Morrona, Pi sa illust., II, 84; III, 175.

Grassi, Descri di Pisa, III, 136.

XIVe SIÈCLE. — DOME DE PISE.

On sait que les gradins qui entouraient le Dôme avaient été construits au commencement du xiv' siècle, et on doit comprendre qu’en recouvrant cette inscription ils formaient une sorte de sceau authentique à son antiquité.

Les archéologues de Pise discutèrent alors longuement la question que soulevait cette découverte (journal II Contéadino di Pisa). Les caractères un peu confus de l’épigraphe laissaient le champ libre à des interprétations diverses. L’un des savants prétendit que pergus signifiait la tour que Guillaume d’Inspruck passe pour avoir élevée au chevet de la cathédrale et à laquelle son inclinaison non moins que l’élégance de ses formes a donné une si grande renommée. — L’autre, plus logiquement au point de vue du monumemt lui-même, voyait un ambon dans le mot pergus et prétendait que son auteur avait été associé à Jean de Pise dans la construction de la chaire ; cette collaboration paraît impossible à cause de l’antériorité trop grande de l’inscription ; mais on ne saurait interpréter autrement le terme employé, lorsque l’ambon de Ravenne porte précisément ce mot inscrit sur ses marbres pour en désigner la destination, et lorsque le mot de pergamo conservé dans la langue italienne nous en donne encore une si claire signification. On ne pouvait certainement douter qu’il ne s’agît de l’ancien ambon dont nous nous pouvons figurer à peu près la forme par ceux contemporains de Barga, de San-Leonardo-in-Arcetri, de Groppoli, etc., et surtout par une miniature conservée au Dôme de Pise même et dans laquelle nous voyons un pergamo de forme carrée comme ces derniers avec le cierge pascal à côté. Ce vieux meuble parut indigne du Dôme, à côté des nouveauxambons de N icolas, et les édiles pisans résolurent de le renouveler. Borghono songea dès 1302 à confier cette tâche à Jean, le fils du grand sculpteur, et neuf ans après elle était accomplie.

Le plan du nouvel ambon octogonal donnait lieu, sur ses faces, à sept bas-reliefs, un des côtés étant occupé par l’entrée. Leurs sujets sont : i° la naissance du Sauveur, 20 l’adoration des Mages, 30 la présentation au temple et la fuite en Égypte, 40 le massacre des Innocents, 50 la trahison de Judas et la flagellation, 6° le crucifiement, 70 le passage des âmes à la gloire céleste. C’est à peu près la donnée ordinaire,

x. Monuments de Pise , fac-similé dans l’atlas, pl. XL.

mais ce n’est plus le grand art de Nicolas ; si le dessin est quelquefois meilleur, plus gracieux, plus naturel, il est moins sobre et moins sévère, témoin l’idée qui fait figurer les âmes des Innocents emportées dans les corolles de fleurs et formant une guirlande autour du Sauveur.

Des arcs avec figures de saints et de prophètes dans les tympans et cariatides aux angles soutiennent la partie supérieure de l’ambon. La partie du bas est plus remarquable et nous ne voyons aucun autre exemple d’un tel luxe de sculpture attaché aux points d’appui d'un pulpito, d’une telle multitude de statues à chacune desquelles est attachée une pensée allégorique. On y voit le Christ au-dessus des évangélistes, saint Michel, Hercule; la ville de Pise allaitant ses enfants, tandis que deux aigles perchés sur ses épaules lui murmurent des inspirations, se tient au-dessus des vertus cardinales ; sa ceinture est sept fois nouée en souvenir des sept îles sur lesquelles s’étendait sa domination. Au centre un groupe de trois femmes représente les trois Grâces, prises dans l’acception chrétienne de leur nom.

Ces sculptures étaient peintes, Roncioni nous a conservé le souvenir de quelques couleurs. Ainsi la figure allégorique de Pise portait une tunique rouge, un manteau d’azur et une couronne d’or.

Sur un des listels de l’ambon, on lisait une inscription dont Vasari nous rapporte les cinq premiers vers :

LAUDO DEUM VERUM PER QUEM SUNT OPTIMA RERUM QUI DEDIT HASPURAS HOMINI FORMARE FIGURAS HOC OPUS HIS ANNIS DOMINI SCULPSERE JOHANNIS ARTE MANUS SOLE QUONDAM NATIQUE NICOLE CURSIS UNDENIS TERCENTUM MILLEQUE PLENIS

L’époque où ce splendide pulpito fut construit nous est indiquée avec une rare précision sur l’inscription qu’on lit encore sur la façade méridionale de l’église où nous l’avons estampée :

-(- IN NOMINE DOMINI AMEN BORGHONO DI TADO FECIE FARE LO PERGAMO NUO VO, LO QUALE È IN DUOMO, COMINCIOSI CORETE AN. PIS. DNI MCCCII. FU FINITO IN AN. DN1 CORETE MCCCXI DEL MESE DI DECEMBRE

Comme nous l’avons dit ailleurs, les fragments sont dispersés aujourd’hui dans le Dôme, au Campo-Santo, dans le jardin Pesciolini, dans le jardin du prieur de

Restauration de l’ambon, par M. Fontana.

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