Vasari, Vita di Nicolo e Giov. Tisani
Tigri, Pisloia e stto territorio 1853, p. 258.
Cicognara, Sior. délia scult., III, 226.
Hemans, 565.
Photographies de Fondi et de Brogi (4485 du catalogue de ce dernier.)
2. Je dis peut-être, sans rien affirmer, parce qu’elles ont un listel qui semble appartenir au même marbre et dans lequel je n’ai pu apercevoir aucun joint.
AMBONS
encore et qui nous fournit les dimensions des colonnettes entre les bas-reliefs supérieurs nous donne le côté de notre hexagone; nous n’avons donc dans notre restauration rien inventé si ce n’est la colonne centrale qui nous manquait, mais qui est nécessaire à la construction.
On verra dessiné en bas de notre planche, sur une grande échelle, les deux lions de marbre dont le beau caractère fait honneur à l’école pisane.
Il nous reste à discerner l’âge de ce monument et à rapporter les arguments historiques et artistiques qui nous le font attribuer au commencement du xiv° siècle et sans doute au célèbre Fra Guglielmo, le disciple de Nicolas de Pise.
L’église fondée au xi° siècle fut restaurée au xmc et au xive siècle, cette dernière restauration date de 1 304 et de l’abbé Andrea de Volterra; des vers qui en rappelaient le souvenir sur une inscription constatent qu’elle avait été complète :
TEMPORE CONSTRUCTUM FUIT, AD FINEMQUE REDUCTUM
Ce qui semble prouver que le mobilier intérieur avait été compris dans ces travaux.
On dit, il est vrai, qu’un certain abbé Savino renouvela le chœur en 1262, mais les bas-reliefs que nous étudions offrent avec ceux de cette époque et de Nicolas des différences trop notables pour qu’on puisse les supposer tout-à-fait contemporains. Observons la Nativité du baptistère et celle de cet ambon : Dans le premier la Madone montre une attitude fîère, presque hautaine, que le marbre de San-Michele n’a pas conservée; ici le naturalisme s’accuse dans un progrès sensible; Marie tout à fait couchée est gracieusement étendue, le jet des plis s’harmonise avec la figure elle-même, elle n’a plus la physionomie prophétique et royale delà fille de David, mais les traits tendres et efféminés d'une mère trop terrestre. Dans le bas, le lavabo occupe une place exagérée, et malgré cela insuffisante à remplir les vides de la sculpture, au lieu que chez Nicolas tout est ample, serré sans confusion, plein sans désordre.
L’histoire nous montre toutes les écoles d’abord raides, austères, majestueuses, puis s’amolissant sous le souffle de la nature et perdant en dignité et en noblesse, ce qu’elles peuvent gagner du côté de la grâce et de 1 élégance. L’école pisane suit cette pente comme toutes les autres, depuis Nicolas qui marque son apogée et après lequel, sous les noms de Jean,
Andrea, Nino, elle descend fatalement ces degrés. Ces considérations en nous rapprochant de Jean de Pise nous forcent à descendre d’une cinquantaine d’années l’âge de notre marbre.
Comparons le même sujet, la Nativité, non plus avec celle de Nicolas mais avec celle que son fils Jean sculpta pour le Dôme en 1 3 1 1 ; là les analogies deviennent frappantes, le geste de la Madone est le même, la grotte, les anges, saint Joseph, la sagefemme offrent de grandes ressemblances et le paysage envahit la moitié du tableau. Dans sa chaire du baptistère Nicolas ne dessine pas un seul arbre, il donne tout aux figures, à l’homme qui remplit tout et, s’il fait exception, il retrace des monuments, c’est-àdire l’homme encore dans la manifestation de son génie et de sa foi. Il écarte la nature avec ses charmes sensuels et ses distractions qui font oublier les délices spirituelles. Les successeurs du grand sculpteur méconnaissent ces lois austères; sous leur ciseau le beau devient joli, ils se plaisent à copier la nature avec ses fleurs, ses gazons, les cytises que broutent les chèvres; ils étendent mollement leurs bergers sous les hêtres, ils aiment à faire ondoyer les toisons des troupeaux ; ils découpent avec autant de soin les feuilles dentelées d’un chêne qu’ils modèlent la virginale figure de la Mère de Dieu. Dans ce rendezvous du naturalisme, Jean de Pise donne la main à l’auteur de nos bas-reliefs.
Quittons donc le xme siècle pour les premières années du xive, et là nous rencontrerons tout d’abord ce Fra Guglielmo qui restaura précisément l’église en 1304 et qui mourut en 1312. Devant ce rapprochement n’avons-nous pas le droit de lui attribuer notre ambon 1 ?
Le souvenir de l’ancien ambon de la cathédrale de Pise était à peu près perdu, lorsqu’il y a une vingtaine d’années, en enlevant les marches du perron devant le portail, on découvrit cette curieuse inscription :
-f- SEPULTURA GUGLIELM1 MAGISTR. QUI FECIT PERGUM SCE MARIE