‹ La messe (volume 2)Chapitre 88 sur 245 · Bianchini, Noix varior. ad Anast., I · texte numérisé non relu

Bianchini, Noix varior. ad Anast., I

CHANCELS.

devant lui un chancel très-élevé, fermé par une table de marbre au milieu, par des treillis sur les côtés, orné de quatre cariatides et décoré de panneaux à jour et variés; tantôt ces panneaux sont percés en forme de treillis, tantôt d’imbrications droites ou couchées, tantôt d’enroulements réguliers. Au-dessous de cette précinction princière s’étend une place pour les gens d’une condition inférieure, pour les musiciens et les danseuses. Nous retrouvons là encore un chancel fort curieux, orné de cariatides comme au-dessus, et dans les intervalles de croix en X garnies de volutes L

Un diptyque antique nous montre aussi la tribune dans laquelle l’empereur Théodose accompagné de ses deux fils Arcadius et Honorius assiste aux jeux du cirque. Ces princes ont devant eux trois panneaux de chancels avec imbrications, traverses, croisées et bustes sur le dessus 1 2.

Sur un diptyque impérial du ni' siècle et qui appartient à M. Mayer, nous retrouvons une scène du même genre et des panneaux de chancels qui se rapprochent sensiblement des dessins que nous verrons adoptés par les chrétiens 3 4.

Un beau fragment de chancel d’une époque antique se voit encore dans l’intérieur de l'ambon de Saint- Laurent-hors-les-Murs où il fut employé par les marbriers du xme siècle avec leurs autres matériaux. (PI. CCXVII.) C’est une suite d’imbrications qui se coupent à angles aigus et dont toutes les intersections sont ornées d’une patère ; j’ignore si ce chancel eut son emploi dans l’église primitive pour en fermer le sanctuaire ; l’hypothèse n’est pas sans fondement, car il accompagne dans la composition de l’ambon d’autres marbres chrétiens, et ces dessins avaient cours dans les monuments primitifs, nous en avons la preuve sur plusieurs sarcophages où des imbrications de ce genre apparaissent au ive siècle. M. de Rossi en a publié un dans son Bulletin, nous en possédons un autre au Louvre, et il me serait facile d’en citer beaucoup d’exemples *.

Autour des tombeaux, comme autour des confessions des saints, on aimait élever des barrières qui les protégeaient contre les profanateurs, et cette

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