‹ La messe (volume 3)Chapitre 122 sur 341 · D. Guéranger · texte numérisé non relu

D. Guéranger

IXe SIÈCLE.

Les bas-reliefs figurent sur trois rangs les trois résurrections, celle de la fille de J aire, du fils de la veuve de Naïm, de Lazare; ces miracles, que saint Bernard appelle « mors in domo, mors in « porta, mors in sepulcro », sont rendus avec une parfaite entente. Le Christ est imberbe, les apôtres n’ont pas de nimbes. On remarque des traces de couleurs1.

Dans le trésor de Tongres, il y a un évangéliaire dont l’écriture paraît dater du ixe siècle. Ce beau livre est celui qu’on présentait aux chanoines à baiser après l’évangile, avec ces paroles : « Ecce « lex sacra.» Il est orné d’une plaque d’ivoire sculpté qui date probablement de la fin du ixe siècle.

J’ai vu au musée de Bruxelles des ivoires qu’on gardait autrefois près de Tongres 2, dans le petit village de Genoels-Elderen (PL CDLXV); l’un représente l’Annonciation et la Visitation, l’autre porte le Christ entre deux anges, imberbe, avec un nimbe crucifère et les trois lettres du mot Rex; il tient une croix et un évangéliaire. Les yeux sont de verre bleu incrusté dans l’ivoire; il foule aux pieds les animaux du psaume 90, ce qu’explique cette inscription qu’on lit au pourtour -J- Ubi Dominus ambulabit supra aspidem et basiliscum et conculcabit Leonem et Draconem.

Au milieu même de leurs luttes, les Espagnols ne négligèrent pas les livres liturgiques; Alphonse III enrichit le monastère de Tunon, fondé par lui en 891, d’une quantité d’ouvrages désignés sous l’appellation générique de livres ecclésiastiques. Son fils, Ordono II, n’étant encore que roi de Galice sous l’autorité de son père, faisait, en 898, à San-Pedro de Montes, une donation de ce genre, mais beaucoup plus complète, car presque aucun des livres liturgiques alors en usage ne manque à la collection offerte par le jeune prince au monastère qu’avait récemment rétabli saint Gennade 3.

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