‹ La messe (volume 3)Chapitre 124 sur 341 · J. Tailhan, Mélanges d’arch., p. 3i · texte numérisé non relu

J. Tailhan, Mélanges d’arch., p. 3i

On sait quelle ère de prospérité le ixe siècle fut pour le monastère de Saint-Gall. Sa bibliothèque brillait alors par le nombre de ses manuscrits, l’éclat des miniatures et les riches ivoires dont ses moines savaient les recouvrir. Un catalogue fait dans la première moitié de ce siècle mentionne plus de trente-deux articles sous le titre de libri scottice scripti « livres écrits à la manière d’Ecosse. » Beaucoup de ces précieux manuscrits subsistent et contiennent des miniatures d’un style celtique très remarquable qui les rapproche des livres d’Irlande; ce sont des monuments des missionnaires celtes qui ont un style à eux, différent de l’italien et même du byzantin, dont ils se rapprochent davantage.

Le monastère avait, au ixe siècle, des artistes de premier ordre ; l’abbé Hartmot1 écrivit un évangéliaire de sa propre main, il le décora de ciselures d’or et d’argent et de pierres précieuses. — Tuotilon (-j- 896) fut chargé de disposer la couverture du magnifique évangéliaire que Sintramn avait écrit. L’abbé Salomon lui donna comme matériaux deux ivoires qui avaient été à l’usage de Charlemagne, dont l’un était déjà ouvragé.

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Signature de Liuthard à la lin du livre de prières de Charles le Chauve. Bibliothèque nationale, fonds latin, 1 1 52.

L’empereur Arnould (887 -j- 899) donna à l’abbaye de Saint-Emmeran,à Ratisbonne, un magnifique évangéliaire dont Liuthard et Bérenger revendiquent la gloire d’être les auteurs. Cette mention qu’ils font de leurs noms à la dernière page du manuscrit est curieuse; elle rappelle bien les labeurs et les espérances des scribes du ixe siècle, et mérite d’être citée dans leur histoire ; « Huit cent « soixante-dix ans s’étaient écoulés depuis le jour « où Dieu daigna naître homme du sein de la « Vierge, Charles régnait depuis trente et un ans

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