D. Guéranger, p
Labarte, II, 212.
LIVRES LITURGIQUES
« lorsque le livre entrepris par son ordre est ar- « rivé à sa fin. Avec notre plume, nous avons trait versé une mer profonde; notre barque touche « maintenant au rivage. Issus du même sang, fils « du même père et de la même mère, établis l’un « et l’autre dans le degré du sacerdoce, on nous « appelle Beringarius et Liuthardus, nous à qui « fut imposée cette œuvre laborieuse et difficile. « A toi maintenant, lecteur, s’adresse cette prière, « dis pour nous : Seigneur, accorde^-leur le « royaume des deux L »
Nous avons dessiné, dans la Bibliothèque de Munich, où il est déposé au jourd’hui, des fragments de la belle couverture qui l’abrite. Mais cette couverture est un peu plus moderne que le manuscrit fait pour Saint-Denis et commandé par Charles le Chauve; la chronique du monastère attribue cette restauration à l’abbé Ramuold. Au centre est le Sauveur dans une auréole et entouré d'un cadre de perles et de pierreries, puis les quatre Evangélistes, divers sujets évangéliques sculptés en ivoire comme la figure du Sauveur, enfin une riche bordure de cabochons, perles et filigranes encadre le tout.
Nous avons dessiné aussi1 2, dans cette même Bibliothèque, des miniatures d’un évangéliaire écrit sur pourpre, entre autres l’adoration des Mages, la Pêche miraculeuse, etc.
L’art allemand au ixe siècle semble fort inférieur pour le dessin, l’éclat des couleurs, à celui que nos miniatures françaises nous ont montré. On peut en juger du moins ainsi d’après le missel de Worms, que nous avons à la Bibliothèque de l’Arsenal, qui nous offre des sujets mal exécutés, d’un dessin barbare et pâles comme coloris. On y voit en tête une note signée par Mabillon et relative à des observations liturgiques3.
Les grands, monastères et les villes épiscopales des provinces rhénanes eurent peut-être moins à souffrir de cette décadence; d’illustres prélats encourageaient les artistes, ne dédaignant pas de