‹ La messe (volume 3)Chapitre 128 sur 341 · NOC · texte numérisé non relu

NOC

Cette cérémonie remonte à la plus haute antiquité. Elle est mentionnée dans l’ordre romain, les constitutions apostoliques; le concile de Carthage (398) répète ces prescriptions : « Episcopus « cùm ordinatur, duo episcopi ponant et teneant « Evangeliorum codicem super caput et cervicem « ejus et uno super eum fundente benedictionem, « reliqui omnes episcopi qui adsunt, manibus suis

« caput ejus tangant. » Cet usage fut adopté dans les rites des nestoriens, maronites, jacobites, en Égypte.

Ces peintures, curieuses pour l’histoire des livres, ne sont pas les seules qui doivent y être consignées. Notre manuscrit figure le deuxième concile de Constantinople, où se manifeste l’antique respect pour les livres sacrés. Dans ces assemblées, avant l’ouverture de la séance, on plaçait l’évangéliaire, qui est le type de Jésus-Christ parlant aux hommes, sur un trône couvert de draperies, d’où il semblait présider la sainte assemblée « ante positis in medio sacro sanctis et « venerabilibus Evangeliis. » Tarasius, patriarche de Constantinople, écrivait au pape Adrien : « Sur le trône saint, le saint Evangile était déposé, « nouscriant à nous tous, hommes sacrés, qui nous « étions réunis, « jugez un juste jugement. » Cette imposante pratique fut observée avec non moins de zèle dans les conciles d’Occident1. »

Dans la miniature que nous avons reproduite (PI. CDLXVI), ce trône a une majesté extraordinaire. Il est élevé au-dessus de deux degrés d’or, orné de diverses pierreries, topazes, émeraudes, rubis, perles; le siège est porté sur quatre pieds, les deux de derrière s’élèvent pour former les montants du dossier, les deux de devant sont surmontés de boules; tout est en or orné de perles, de feuillages ciselés, et, sous la traverse du devant, tombe une draperie verte et une seconde moins large et pourpre par-dessus. Sur ce siège splendide est posé un objet pourpre, carré, ressemblant à un livre fermé, peut-être la capsa de l’évangéliaire qu’on a posée dessus. L’évangéliaire est ouvert, les pages sont blanches avec marges bleues. Ce qui rehausse la dignité de ce trône, c’est surtout la présence de Théodose le Grand, qui l’abandonne à l’Évangile et qui paraît assis à ses pieds, confondu dans les rangs des évêques. Cette abdication mystique est un des plus grands honneurs qu’on pût faire au livre saint.

D’autres observations sont encore suggérées par cette peinture. Au milieu de l’assemblée est un autel sur lequel on voit posés un second livre relié de pourpre, garni de six fermoirs, et de chaque côté un rouleau attaché par un ruban de pourpre. C’étaient peut-être les œuvres des pères et les canons

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