Labarte, II, 2i
On lit au f° 48 v° ces indications historiques : « Codicem <! istpift çgntus niQdulaminc plénum Domni Hilderici
I est tracé au pinceau ; la gouache y reparaît, mais dans un empâtement, et surtout les couleurs y sont ternes. Nous ferons observer la forme de ce manuscrit, qui est très allongée, d’une hauteur double i de la largeur (om32 sur omi6), parce que cette
« venerabilis abbatis tempore ejusque licentia Vinkingi « lidelis monachi impensis atque precatu scribere cœptum. « Domni v ( venerabilis ) Stephani successoris præfati « abbatis tempore atque benedictione diligentissime, ut « cernitur, consummatum sancti Salvatoris Domini nostri « Jesu Christi altari imposition hinc sancto prumensi « cœnobio perenni memoria novimus traditum. # Il fut exécuté par Nother, moine de Prüm, à la demande, comme on le voit, de Wicking, à la fin du xe siècle. L’abbé Hilditic mourut en 99 3 et l’abbé Etienne en 1001.
Voici l’indication de quelques miniatures dont la plupart ont été gravées dans notre iconographie de la SainteVierge :
F» 1 v» : l’Annonciation, la Visitation, sujets placés l’un au-dessus de l’autre.
F° 4 v» : Voyage de Nazareth à Bethléem; la sainte Vierge est montée sur un âne; elle est nimbée, tandis quç saint Joseph, qui l’accompagne, ne l’est pas; d’une main il tient un paquet au bout d’un bâton, de l’autre la bride.
F°iov°; Martyre de saint Etienne; une main descend du ciel (Labarte).
F° 14 v» : Saint tenant un livre garni de fermoirs.
F° 18 : Massacre des innocents. La scène occupe toute la page. Hérode, sur son trône, porte un sceptre et une couronne; trois personnages paraissent derrière lui. Au bas, un homme armé d’une longue épée vient de trancher la tête de huit enfants figurés sous l’aspect de petits hommes adultes.
F° 23 v° : Adoration des mages. Trois mages encore coiffés du bonnet phrygien et vêtus de riches tuniques et caleçons; ils portent leurs présents dans des sortes de sébiles et voilent leurs mains sous un linge rose; la sainte Vierge est voilée et nimbée; l’Enfant Jésus porte un nimbe rouge, mais sans croix; il bénit de la main droite et tient un volume de la gauche.
F0 26 v° : Baptême de N. -S., plongé dans le Jourdain, qui semble faire remonter ses flots jusqu’à lui. Deux figures allégoriques tiennent des urnes, desquelles s’écoule l’eau du fleuve.
F» 28: Présentation de N.-S. au temple; saint Joseph porte les deux colombes. Les nimbes de la sainte Vierge et de saint Siméon sont violets, ceux du Sauveur et de saint Joseph sont gris.
F» 3i : Entrée de N.-S. à Jérusalem; monté sur un cheval gris, il bénit; deux hommes en avant jettent leur manteau sur la route; derrière ces hommes, on aperçoit une foule portant des palmes et onze apôtres à la suite du Sauveur.
F» 33 : Les saintes femmes au tombeau. Sainte Madeleine voilée; un ange assis lui montre le tombeau ouvert et encore garni des suaires. Derrière sainte Madeleine, deux têtes de femmes nimbées.
F» 5a v° : Saint Zacharie qui encense l’autel et l’ange qui lui apparaît.
F°66v°: la figure de l’abbé, assis sur son trône, tenant la crosse, et auquel un moine agenouillé remet un livre.
F» 73 : l’administration du baptême. Un entant plongé dans la cuve pendant qu’on tient un cierge allumé et qu’un prêtre en chasuble lit au-dessus de sa tête les prières baptismales.
Fos 68 et 76 v° : des saints tenant des livres #et en costumes sacerdotaux; ils sont debout dans des arcades dont le fond est partagé en bandes horizQntales bleues et teinte neutre,
LIVRES LITURGIQUES
proportion caractérise beaucoup de manuscrits de ce temps. S’il fallait en rechercher l’origine, on pourrait peut-être l’attribuer à l’emploi des anciens diptyques d’ivoire 1 utilisés alors comme couvertures d’évangéliaires ou de missels. Ces plaques d’ivoire oblongues déterminaient forcément la forme des livres auxquels on les appliquait, et leur prix justifiait les concessions qu’exigeait leur emploi. Non seulement cette forme singulière apparaît sur le livre lui-même, mais elle se trouve j répétée dans les miniatures, sur les livres qu’elles représentent2. (Pl.CDLXXII.) Nous en graverons quelques-uns aux costumes; on verra que les couvertures ne sont pas négligées, mais ornées de croix, d’ornements divers, et garnies de fermoirs. Un sacramentaire de Cologne présente de même cette forme allongée.
En 972, Othon II avait épousé Théophanie, fille de l’empereur d’Orient, Romain II; cette princesse qui devint, après la mort de son mari, tutrice de son fils, et qui avait amené avec elle d’Orient d’habiles artistes, provoqua en Allemagne une heureuse révolution dans la peinture des manuscrits3. M. Labarte considère comme un monument de cette rénovation le fameux évangéliaire d’Epternach, que l’on conserve dans la Bibliothèque de Gotha et qui porte cette inscription: « Otto rex et « Theophania imperatrix». On voit sur sa riche couverture une représentation du crucifiement, les symboles évangéliques et des bordures en filigranes et cabochons
Saint Udalric Q"973), évêque d’Augsbourg, avait écrit de sa main le précieux évangéliaire gardé aujourd’hui dans la Bibliothèque de Munich, et sur lequel on lit encore ces mots: « D. S. propi- « tins esto Udalrico peccatori »
La Bibliothèque du dôme de Cologne est assez riche en livres du xe siècle. On y trouve pour celte époque un lectionnaire qui nous montre, au f° 3,
1. On dit que le fameux diptyque de saint Grégoire à Monza couvrait l’antiphonaire.
Voyez Gori, Thés. vet. diptych.
2. Voyez dans les Commentaires d'Haymon, à la Bibliothèque nationale, une miniature représentant un volume de ce genre.