Salazaro, Studij, p
Caravita, Manoscritti de Monte Cassino.
Les Pères, je le sais, ont l’intention de publier ce manuscrit,
cules ornées d’animaux, surtout de poissons. Un autre évangéliaire antérieur à Giotto et encore byzantin; il a om3o sur omi8; chaque page renferme treize lignes de omo9 de longueur; on y distingue des neumes d’une grande finesse au-dessus d’une belle onciale. Les Evangiles sont ornés de plusieurs sujets, la résurrection, l’ascension avec les deux anges qui avertissent les apôtres, l’assomption.
Il semble qu’à cette époque le respect des livres saints se soit affaibli ; on peut le croire d’après les caricatures que les sculpteurs du temps nous ont transmises et qui nous montrent des animaux chantant devant le lutrin; sur l’imposte de la cathédrale de Vérone, on voit figuré un loup tenant un évangéliaire et chantant1. Sur un des tympans du cloître de Saint-Paul, un porc avec le froc devant le lutrin 2.
Les monuments se multiplient tellement, qu’ils perdent une partie de leur prix avec leur rareté; nous ne ferons donc que citer quelques spécimens qui serviront de jalons aux dernières phases de leur histoire.
Nous pouvons citer des noms de copistes qui nous sont parvenus.
A Anchin (diocèse d’Arras), il y avait Jordan, Baldric, Lambert, Renauld, Suger ; — à Marchiennes, André, Gui, Amand, Gérard; — à Saint- Amand , Amaury, Folcuin, Gautier, Segard, etc.;
— à Sens, Arnaud de Sainte-Colombe ; — à Chartres , Adam, moine de Saint-Père-en-Vallée ;
— à Cluny , Alber, Opilio, Duranne. Sous la modeste tâche des copistes, on retrouve les noms de véritables écrivains, tels que Ordéric Vital de Saint-Evroul, Bernard Ithier de Saint-Martial de Limoges, Guillaume de Jumièges, etc.3.
Le caractère des livres, leur ornementation ne diffèrent pas sensiblement du siècle précédent ; cependant les miniatures s’améliorent, les personnages prennent une proportion plus élancée, le dessin est plus empâté, moins serti de noir. Dans la riche collection de la Bibliothèque nationale, il
1. Giac. Dionisi, Osserva^ioni sopra un ’ an t ica scultura. 1867, p. 46.