P, Cahier, p. U
LIVRES LITURGIQUES
sera facile de se rendre compte de cette amélioration; nous signalerons, entre autres, l’évangéliaire latin ii5io, et surtout le beau missel de Saint-Maur (n° 12054).
Vers la fin du xne siècle, on composa un grand nombre de psautiers et d’évangéliaires de larges dimensions et qui portent un caractère spécial ; les initiales sont plus riches, d’une facture plus sérieuse, ordinairement occupées par un saint aux formes sveltes; les couleurs sont légères, mais ne manquent pas d’éclat. Je ne saurais dire combien de types de ce genre j’ai rencontrés dans les bibliothèques françaises, ou les catalogues les attribuent tantôt au xne, tantôt au xine siècle, et où, par le fait, on doit les croire chevauchant sur ces deux siècles.
Pour les reliures nous rencontrons les mêmes éléments que précédemment, c’est-à-dire les ivoires encadrés dans des bordures d’émaux et de cabochons. Un beau missel qui faisait partie de la collection Firmin Didot (om27 sur om2o) donnera ici un excellent exemple ; il offre au centre un ivoire représentant le crucifiement avec les assistants ordinaires, la sainte Vierge, les saintes femmes, les deux soldats, etc. ; autour, une frise d’or ; aux angles, de larges cabochons en cristal de roche, et, dans les milieux, des plaques d’émail.
L’émaillerie se répand de plus en plus et tend à se substituer à l’emploi de l’ivoire ; ce nouveau goût paraît sur une petite reliure (omi8 sur om 1 2) de la même collection qui nous montre, sur le plat, une figure de saint André en émail et un cadre de cabochons.
En Allemagne, on signale un homéliaire à Francfort, ou se trouvait le portrait de Yantiquaria,e t cette inscription : « Guda, peccatrix millier, scripsit et pinxit hune librum.
Agnès, de la maison de Misnie, abbesse de Quedlimbourg, avait écrit un plenarium orné de lettres d’or. Dudon, cellerier et copiste à Fulde, était auteur d’un missel et d’un collectaire.
M. Schnütgen nous indique au musée archéologique de Cologne plusieurs livres liturgiques. A l’Exposition de cette ville, en 1876, on voyait, sous le n° 409, un plénier du xne siècle avec miniatures.
A l’Exposition de Calsruhe, en 1881, figurait un psautier de la Bibliothèque de l’Université de Fribourg, orné de nombreuses miniatures; l’arbre de Jessé, la naissance, l’éducation de la sainte Vierge,
son mariage, sa visite à Elisabeth, Noël, les mages, la présentation, le baptême, les scènes de la Passion y étaient successivement retracés, (om2 35 sur omi7).
A la Bibliothèque de Carlsruhe, il y a un évangéliaire du xue siècle avec miniatures.
Aux archives de Munster, évangéliaire orné d’une magnifique reliure, plaque d’ivoire allongée, le Sauveur bénissant et assis sur l’arc-en-ciel, les symboles évangéliques, encadrement d’or avec filigranes, perles et pierreries1.
! A Saint-Pierre de Fritzlar2, un évangéliaire, et, j sur sa reliure, le crucifiement, le soleil et la lune, les figures de Marie et de Jean; autour, les bustes des apôtres avec cette inscription :