Collect. de documents inédits sur l’histoire de France
Barthélemy, dans les Notes sur le rational.
7. On peut voir aussi un curieux exemple d’un lutrin de marbre dans l’église de Muggia Vecchia, près de Trieste.
Pulgher, 1884, Atti délia Società d'ingegneri.
XI II^-XI Ve SIÈCLES.
et des colonnettes, comme on peut le voir dans l’église d'Orta1, et, pour Rome, à Saint- Pancrace, Saint- Laurent et Santa-Maria dell’ara Cœli, etc. Dans l’ambon de Sainte-Marie in Cosmedin et de Saint-Clément, nous voyons, installé à l’intérieur de la cuve, un véritable lutrin, image en marbre d’un meuble en bois.
Ces lectoria, lorsque le parapet n’était pas assez élevé, avaient la forme d’un petit édicule à gauche du lecteur, ainsi qu’il paraît dans la mosaïque de Saint-Ambroise, à Milan. (PI. XVII .)
L’artiste avait quelquefois l’heureuse inspiration de former le dessous du pupitre avec les images des attributs évangéliques. On a placé, à Pise, dans l’escalier d’ambon du baptistère, un beau lec- ; torium en marbre de ce genre.
Quelquefois, comme à Sénanque, le pupitre { faisait partie de la construction des murs.
Sénanque. — Dessin de M. l’abbé Pougnet.
On imitait en marbre non seulement le bois, mais aussi le livre lui-même, comme on peut le voir à Saint- Apollinaire de Classe. (PL CDLXXXI.)
Les lectoria de métal anciens nous sont moins souvent parvenus que ceux de marbre ou de pierre; il n’est pas douteux, cependant, qu’à toutes les époques, on n’ait tenu à les enrichir. Nous le voyons par l’exemple de Rodolphe, évêque de Liège2 : « Lectricium auro et gemmis pretiosis « insigniter fabrefactum exportatum est. »
Ha riulfe, moine de Saint-Riquier au xne siè- | cle, mentionne des lectoria où le marbre accompagnait l’or et l’argent : « Lectoria auro, argento « et marmoribus parata duo (1. 11, cap. 10). In
i. Dessin de M. Beltrami.
•2. Ægidius Aureœvallis monach. in Radulpho episc- Leodiensi, cap. liii. (Du Cange.)
Rupert, De divin, offic., I, cap. xxxvi, se sert de ce mot.
« eisdem ecclesiis sunt lectoria tria ex marmore « argento et auro fabricata. »
Un manuscrit de la Bibliothèque de Stuttgard, écrit en i 1 38, nous représente saint Benoît écrivant sur un riche pupitre; une tête de lion mordille la tige qui le supporte et laisse surgir au-dessus deux volutes feuillagées L
J’ai dessiné, au musée de Troyes, un sceau du xne siècle provenant de l’ancien chapitre, qui nous montre un pupitre avec un livre, soutenu par une colonnette.
Musée de T'royes. — Sigillum capituli Trecensis.
Il semble qu’on ait conservé à Rome, encore au xme siècle, le modèle des anciens lectoria. Sur une des fresques de Saint-Laurent-hors-les-Murs, nous voyons un lutrin devant lequel chantent des moines et dont la tige ornée est interrompue, de distance en distance, par des boules; elle est fixée sur un socle talusé à trois pieds. (PL XIX.)
La miniature de la Bibliothèque Corsini offre l’image d'un pupitre beaucoup plus simple, que soutientun montantunietpeinten rouge. (PI. XVI.)
La fresque d’Assise que nous avons gravée (PI. XX) représente un lutrin intéressant et très complet. Le plateau incliné, où est gravé le livre, est tout entouré de cierges, moins destinés à l’éclairer qu’à lui faire honneur.
Le plus souvent les pupitres reposent sur un pied unique, ùne colonne, dont le chapiteau supporte le plateau incliné; les feuillesde devant, plus hautes que celles de derrière, correspondent à l’inclinaison. De ce genre, sont ceux qu’on voit figurés dans un psautier de M. de Waresquiel, dans une Bible (n° 1 27 ) de la Bibliothèque de Toulouse, dans le manuscrit de Jacques van Maerland, de la