Lassus, PI. xiii
XVe SIECLE.
des lutrins avec un corps d'armoire 1 2 rectangulaire, ou simple soubassement droit et orné d’arcatures gothiques, comme au manuscrit 85 t de la Bibliothèque nationale, au missel de Pierre de Lune au mont Cassin, surtout au diurnal (9427) de la Bibliothèque de Bruxelles ; ce dernier est une des plus jolies ligures de lutrin que nous connaissions. Il est en marbre gris, fort élevé, dressé sur socle talusé avec moulures de base, garni d’ar- J moire, d’une doucine feuillagée sous le pupitre, et, ce qui fait la principale originalitéde ce meuble, couronné par deux contreforts avec crêtes et fleurons. (PI. CDLXXXII.)
Nous trouvons des exemples de lutrins à deux pentes dans un missel parisien de la Bibliothèque de l’Arsenal, avec cavité dans le pignon pour serrer de petits livres, des rouleaux ou le bâton cantoral, — dans une délicieuse miniature (621, f° 1 5 3 ) de la même Bibliothèque, qui révèle ; les détails les plus intéressants des cérémonies de l’époque, et notamment un lutrin et une étoffe verte jetée sur le versant. (PI. CDLXXXIV.)
Nous avons vu, dès le xnc siècle, l’aigle flgurer sous le pupitre de l’évangéliaire, souvenir de l’attribut de saint Jean, le plus sublime des écrivains sacrés; au xive siècle, l’usage s’introduisit de le faire non plus en marbre, mais en cuivre. J’ai dessiné dans le chœur de Saint-Marc, de Venise (PI. CDLXXXII', un beau lutrin de ce genre composé d’un aigle aux ailes déployées, d’une tige moulurée à l’infini et d’une base très évasée que supportent trois lionceaux.
Il en existe un autre dans la même ville, à Saint- Jean et Saint-Paul, formé d’un faisceau de colonnettes reliées par des anneaux et supporté par un pied octogone; l’aigle, au sommet, est à deux têtes *.
Il était surtout réservé à la Belgique de produire de beaux lutrins en ce genre, et la ville de Dînant devait donner son nom à ces produits brillants et quelquefois empreints d’un grand style. Leur nombre est trop grand et leur date d’ailleurs trop