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Schmid, Autel chrétien, fig

RÉSUMÉ

époque, orné d’un cercle dans le milieu et élégamment découpé sur les faces*.

Au xvie siècle, les pupitres d’autel, en devenant d’un usage plus fréquent, furent aussi plus ornés; le musée de Bruxelles possède un joli meuble qui nous en fournit la preuve. La tablette inclinée est en velours vert, garni de clous dorés. Les supports et les traverses du pupitre sont en ébène, et les intervalles formés par des arcatures que supportent des balustres d’ivoire.

RÉSUMÉ

Pour reprendre en quelques mots ce qui vient d'ètre dit, nous rappellerons que l’origine du lectorium ne peut être reportée aux premiers siècles, où les livres reliés étaient rares et pendant lesquels il semble que la main ou la tête des assistants, pendant le saint sacrifice, aient fait l’office de pupitre. Les premiers lectoria nous sont apparus dans les récits de saint Grégoire de Tours; nous en avons décrit un vénérable reste à Sainte-Croix de Poitiers, et saisi des souvenirs dans les vies de saint Basole et de saint Éloi.On devait placer ces pupitres sur les parapets des chancels et des ambons, préludant sans doute ainsi à ceux de marbre que façonnera le moyen âge.

Au ixe siècle, les lectoria, comme tout dans l’Église, prennent une nouvelle splendeur. Le Livre pontifical nous apprend les épaisses lames d’argent dont on les revêtait, et les diptyques carlovingiens nous ont complété la description en nous présentant leurs riches images, où les arcatures, les

i. C. Becker et J. de Hefner, i852, Objets d’art et Ustensiles du moyen âge.

balustres, les feuillages se réunissent pour former des meubles magnifiques.

Un grand nombre de lectoria pédiculés, portés sur des balustres, nous a été révélé par les miniatures.

On ne craignait pas, comme en témoigne l’inventaire de Prüm, d’y dépenser de l’or, de l’argent et des pierreries.

Le xe siècle, surtout en Orient, ne paraît pas être déchu de cet éclat.

Au xie, les lectoria exprimés dans les miniatures sont, le plus souvent, dressés sur une colonne carrée ou sur une armoire à livres. On les recouvrait de riches housses.

Des pupitres de marbre ou de pierre nous ont rappelé, sous une matière plus durable, d’anciens meubles disparus; nous les avons cherchés dans les ambons italiens ou dans nos cimetières français du moyen âge.

Une nouvelle forme s’introduit au xme siècle, celle de pliants, exécutés en fer forgé ou sur des bras coudés', garnis d’une vis, pivotant à volonté.

Au xive siècle paraissent les belles dinanderies qui dotent Tongres, Hal, Liège, Chièvres, et même la France et l’Espagne, de lutrins resplendissants.

Le coussin n’apparaît sur l’autel qu’au xiv° siècle; il nous offre alors ses riches dessins de tapisseries, sa soie d’azur, ses glands d’or.

Le pupitre d’autel proprement dit paraît encore postérieur.

Aujourd’hui, tous nos autels en sont pourvus, et nous devons ajouter que, depuis les plus riches basiliques jusqu’aux plus humbles paroisses de campagne, ils sont trop souvent peu dignes de la table sacrée.

MESSE

vi — i y

DIPTYQUES

ORIGINES

Les diptyques avaient, dans les premiers siècles, une trop grande importance liturgique pour qu’il soit permis de les oublier parmi les instruments du saint sacrifice. Nous savons que leur étude mériterait à elle seule un ouvrage spécial et qu’elle a déjà été l’occasion de travaux considérables; aussi ne ferons-nous ici qu’une analyse succincte.

Le nom de diptyque, nous dit le cardi nal Bona1, vient du mot grec tctüÇ qui signifie plis, de sorte que les diptyques sont des tables ayant deux plis, et qu’on a pu les comparer aux Tables de la Loi ou aux deux valves d’une coquille. Il y avait aussi des triptyques et des penteptyques, c’est-à-dire des tables à trois ou cinq plis. Gothofred assure que les Grecs ont quelquefois appelé polyptyques les registres publics, parce qu’ils avaient plusieurs plis. Ce mot a été employé dans ce sens par saint Grégoire le Grand, Cassiodore, Marculphe et beaucoup d’autres auteurs latins.

Il y avait, dans les églises, trois sortes de diptyques sur lesquels on écrivait les noms. Les premiers étaient particuliers aux évêques; tous ceux qui avaient gouverné une église y étaient inscrits,

i. Trad.de Lobry, II, 197.

MartignYj Dict.

En grec, jctoxtIov signifie petite tablette à écrire.

pourvu qu’ils eussent une foi pure et des mœurs irréprochables. Les seconds étaient pour les vi- ! vants; on y inscrivait ceux qui, encore vivants, occupaient quelque haute dignité ou qui s’étaient acquis des droits à la reconnaissance de l’Eglise. En tête était le nom du pontife romain, puis ceux des patriarches et de l’évêque, des membres du clergé; ensuite se lisaient ceux de l’empereur, des princes, des magistrats et du peuple fidèle. Les troisièmes étaient réservés à ceux qui étaient morts dans la communion de l’Église. On y mettait le nom des saints. On inscrivait aussi les conciles.

Nous trouvons un exemple remarquable des diptyques épiscopaux dans l’histoire de saint Chrysostome, dont les ennemis refusaient d’y mettre le nom1; un autre exemple dans ces vers de saint Venance (poem.VII, 35, de santo Martino) :

Nomina vestra légat patriarchis atque prophetis Cui hodie in templo diptychus edit ebur.

Les noms étaient récités durant la messe. Il est dit, à propos de la conférence de Carthage (41 1), entre les catholiques et les donatistes : « In eccle- « sia sumus in qua Cæcilianus episcopatum gessit « et diem obiit. Ejus nomen ad altare recitamus; « ejus mémorisé communicamus,tanquam mémo- « riæ fratris. »

Innocent Ior (417) ordonna qu’on inscrirait les noms des personnes qui apportaient des offrandes; saint Jérôme rapporte aussi cet usage.

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