Il en existe un moulage
RESUME
douze t'êtes. Un troisième (n° 61), représentant la visite des saintes femmes au tombeau.
Ce sont les dernières oeuvres auxquelles fut attachée la destination de diptyques. Désormais, si nous les cherchons sur l’autel, nous les trouverons insérés dans des couvertures de livres, comme celui de Saint-Maximin de Trêves, fixé sur un épistolaire, comme à Aix-la-Chapelle, à Francfort, à Liège, etc. Les ivoires que nous remarquerons sur l’autel et qui se multiplieront du xme au xve siècle, dans tous les charmants bas-reliefs dont abondent nos collections, ne sont plus des diptyques, mais de petits retables destinés à l’ornement de la table sacrée et dont nous avons déjà parlé.
Aujourd’hui, ces délicats objets d’art font place aux tableaux qu’on dresse sur l’autel pour aider la mémoire du célébrant, et dont la mesquinerie, les formes barbares sont si peu dignes d’un tel lieu et d’un tel usage.
RESUME
Les pages qu’on vient de lire sont trop courtes pour avoir besoin d’être résumées; on peut cependant rappeler, au sujet des diptyques, ce que nous
avons dit dans l’histoire de la plupart des objets liturgiques; les premiers ont été des dépouilles païennes, des ivoires enlevés aux usages profanes, dérobés à la vanité des magistrats de l’empire, ou reçus de leur libéralité. L’Eglise prit surtout les diptyques consulaires qui n’offraient rien de blessant aux regards de ses vierges ; elle les transforma en changeant les attributions anciennes en caractéristiques des saints ; elle les peignit intérieurement et y déroula les longues listes de la commémoration des vivants ou des morts. Plus tard, quand les vieux ivoires furent épuisés, les ouvriers se mirent eux-mêmes à l’œuvre ; ils imitèrent d’abord et ne craignirent pas d’habiller en consul le pape Grégoire le Grand ; peu à peu ils se dégagèrent de ces copies, formèrent leur style, et offrirent aux sanctuaires des œuvres nouvelles, encore soumises aux règles de l’art antique, oü la beauté des formes se mêle à l’inspiration chrétienne.
Les sujets pour les diptyques des morts furent surtout le tombeau de Lazare, le saint sépulcre; pour d’autres, l’annonciation, les scènes de la divine enfance, des scènes de la liturgie, les fêtes des saints patrons du sanctuaire, etc.
Si, aujourd’hui, nous ne voyons plus développer les diptyques sacrés, le missel romain, gardien fidèle des traditions antiques, réserve encore une place au memento des vivants et des morts, et les noms que l’Église élève vers Dieu pendant le sacrifice ne sont pas plus oubliés qu’autrefois, quoiqu’ils ne soient plus inscrits sur de splendides ivoires.
FLABELLA
Le flabellum est un éventail que l’on agitait audessus de l’autel dans les fonctions liturgiques, pour détourner les mouches des saintes espèces; c’était aussi un signe d’honneur et, pour les Grecs, le piJttôiov rappelait le vent des ailes tremblantes des chérubins devant la majesté divine. Il servait déjà chez les anciens à activer le feu des sacrifices1. Il paraît certain que cet instrument passa, comme beaucoup d’autres, des cérémonies profanes dans celles de l’Eglise.
L’origine du flabellum, qu’il est intéressant pour cela de rechercher, est immémoriale ; nous le trouvons dès les temps les plus anciens et déjà en Égypte. Les premiers paraissent avoir été fabriqués en feuilles de palmier, de lotus ou en plumes de paon. Sur les peintures égyptiennes, un esclave le balance au bout d’une longue hampe 2; sur un bas-relief de Ninive 3, à Persépolis, sur le pilastre de la salle des trônes 4, un des suivants du roi agite une sorte de gerbe fixée dans un manche court et mouluré, dans le genre des chasse-mouches qu’on vend encore dans l’Inde.
Sur les vases étrusques, dans les peintures de Pompéi, on voit des flabella façonnés avec des