OMNI SE STUDEAT ÆSTATE MUNIRE FLABELLO
-f- HOC DEÇUS EXIMIUM PULCHRO MODERAMINE GESTUM CONCEDAT IN SACRO SEMPER ADESSE LOCO ;
NAMQUE SUO VOLUCRES INFESTAS FLAMINE PELLIT,
ET STRICTIM MOTUS LONGIUS IRE FACIT.
HOC QUOQUE FLABELLUM TRANQUILLAS EXCITAT AURAS ÆSTUS DUM SEVIT VENTUM FACIT ATQUE SERENUM FUGAT ET OBSCENAS IMPORTUNASQUE VOLUCRES.
Outre ces vers, M. Darcel a relevé les noms qui suivent et qui correspondent à autant d’images qu’ils servent à désigner : Index, un homme tenant trois flèches; >S. Mauricius, un guerrier; S. Dionisius ; Scs Filibertus ; Scs Hilarius ; Scs Marinus; Levita, un lévite avec la dalmatique et le nimbe; Sca Lucia ; Sca Agnes; Sca Cecilia; Sca Maria; IHS XPS ; Scs Petrus; Scs Paulus ; Scs Andréas.
J’ai retrouvé dans les papiers de Millin1, de la Bibliothèque nationale, un dessin du flabellum que l’on conserve à Canosa sous le nom de San Sabino; comme celui de Tournus, il se compose d’un disque en parchemin qui se plie et se renferme dans une boîte carrée, ornée de rinceaux; le manche est d’une élégance parfaite; il se termine par un chapiteau dont un monstre saisit le fût dans sa gueule; le corps du manche est orné de cannelures en spirales. (PI. CDLXXXXI.) M. de Linas a publié l’éventail lui-même enrichi d’or et de couleurs.
La liturgie de saint Jean Chrysostome avait recueilli précieusement, en ce qui concerne le rite du tiabellum, l’oracle d’Isaïe, où il dit que les séraphins avaient chacun six ailes et qu’ils voilaient avec deux de ces ailes la face du Seigneur.
Dans le ménologe du Vatican, on voit un de ces disques dressé sur une architrave; il porte une
i. Cabinet des Estampes, G b, 38.
croix au centre avec une suite de cabochons et de perles, et enfin, à la circonférence, des pierreries, de distance en distance, formant crête b
Nous avons vu dans les scènes de la communion des apôtres l’usage des peintres grecs de figurer, aux côtés de Jésus-Christ, deux anges flabelligères qui balancent l’éventail au-dessus de sa tête; ces fîabella sont ordinairement garnis d’une tête de chérubin entourée de ses ailes, ils sont dorés et montés sur des hampes élevées.
Dans la procession de l’ensevelissement du Sauveur, qu’il préside lui-même, on voit aussi des fîabella, cérémonie souvent répétée dans les peintures des absides grecques. Nous la trouvons surtout avec un intérêt que l’antiquité du manuscrit lui réserve, dans un évangéliaire géorgien du xie siècle. On y voit des anges avec des fîabella. (PI. CDLXXXIX.)
Sur les antimenses qui portent souvent l’image de l’ensevelissement du Christ, deux anges paraissent avec un flabellum de chaque main; le manuscrit Grimaldi (160, f° 123), à Milan, nous a offert un exemple de ce genre2. (PL CDLXXXX.)
M. Wilson m’a signalé à Moscou un flabellum qui n’est pas plus ancien que le xme siècle, mais qui conserve ces traditions liturgiques; je l’ai fait dessiner et graver.
Nous devons encore ici de nombreux remerciements au prince Gagarine. Voici (PL CDLXXXX) un flabellum qu’il nous a communiqué et qui, bien que plus moderne, diffère peu de celui de Moscou. Le séraphin hexaptère est environné de huit têtes d’anges beaucoup plus petites, le fond rempli d’arabesques; autour règne une crête composée de têtes d’anges et de fleurons. Le manche est richement ornementé.
On conserve dans le trésor de Ghelath deux anciens flabella d’une grande beauté; on sait que deux flabella interviennent dans les fonctions ar-
1. Theoctistus, y janvier, Albani,p. 90. — M. Albert Lenoir se rappelle avoir vu ces disques placés, encore de nos jours, sur la corniche de l’iconostase. (Instructions pour
les voyageurs en Orient, p. 64.) Martigny.
2. Il est accompagné de cette épigraphe : Exemplum supradictæ umbellæ sacrosancti sudarij Veronicæ in veteri vaticana basilica.