Marlavagne, Hist. de la Cath. de Rode \, p
XIIKXV* SIÈCLES.
peintures de même date; le missel de saint Louis (8884, f° i3o) nous montre un prêtre encore derrière l’autel, selon l’antique usage, et, à la droite, le diacre avec le flabellum. (PL CDLXXXXV.' On reconnaît sur le dessin, qui est assez précis, que le disque du parchemin rentrait, comme celui de Tournus, dans un étui carré. Le diacre est habillé d’une longue dalmatique bleue et suivi d’un second assistant.
Le manuscrit latin 12054 fournit une image de même genre, sur laquelle l’éventail est vert et le manche rouge. (PL CDLXXXXV.)
O11 trouve dans Gerbert1 la reproduction d’une miniature qu’il dit provenir de la Bibliothèque Barberini, mais qui ne me paraît pas de style italien ; on y voit le prêtre debout, avec les bras étendus, et, derrière lui, un clerc qui agite un éventail circulaire. (PL CDLXXXXI.)
A la Bibliothèque d’Arras, nous trouvons dans les miniatures deux autres spécimens de flabella; le premier, dans le manuscrit 309 (f° 37) (PL CDLXXXXV), figure le diacre agitant le disque de parchemin plissé au-dessus du célébrant, le manche est rouge; le second, de date un peu plus récente (n° 368, f° 127), rappelle la même scène, à peu près sous les mêmes traits. (PL CDLXXXXI.)
Sur un bas-relief de la cathédrale d’Amiens, un évêque est représenté devant l’autel, et, derrière lui, sont plusieurs assistants, dont le premier semble tenir un flabellum.
L’Angleterre ne semble pas s’être laissé dépasser par aucun autre pays dans la beauté de ses flabella.
Un inventaire de la cathédrale de Salisbury, daté de 1222, rappelle un flabellum en argent, deux en bois et en parchemin. A Saint- Paul de Londres, un flabellum en plumes de paon; à Rochester, en i3q6, un flabellum en soie, ajusté sur un manche d’ivoire. John Newton, trésorier de l’église d’York (1393-141 3), lui donne un éventail liturgique ainsi décrit : « Manubrium flabelli ar- « gentum deauratum, ex dono John Newton, the- « saurarii cum ymagine Episcopi.» Il était en bel émail et pesait cinq onces.
Dans l’inventaire de la reine Isabelle, sœur de Philippe le Bel et femme d’Édouard II, on lit : « Duo flagella pro muscis fugandis. »
Il y avait dans la chapelle de Guillaume Exeter, abbé de Saint-Edmond, un flabellum désigné : « Muscifugium de pecokL «
Le docteur Rock donne la figure d’un flabellum composé d’un disque entouré de petites boules, garni d’une sorte de cravate et d’un manche avec une poignée 2.
La plupart des anciens flabella ont disparu; on s’explique cette rareté par la fragilité de leur matière et par l’abandon qu’en a fait la liturgie. Cependant, il nous en reste qu’on a ignorés longtemps, à savoir, les riches disques crucifères qu’on a pris longtemps pour des croix stationales ou de consécration. M. de Farcy3 paraît leur avoir rendu leur véritable nom, et c’est aux inventaires de la cathédrale d’Angers, que ce savant archéologue a publiés, que nous devons cette révélation. En effet, la description que nous y lisons sous le titre Flabella , convient à ces disques.
Une des plus magnifiques paires de ces disques fait partie de la collection de M. Seillières4, et a figuré en 1880 à l’Exposition des beaux-arts appliqués à l’industrie. Ils consistent en une croix inscrite dans un cercle, ornée au centre et à ses extrémités de gros cabochons, et, dans l’intervalle de ses branches, de rinceaux à jour; le cercle, décoré aussi de pierreries, garni à la circonférence d’une crête, est porté par une pointe qu’on enfilait sur la douille d’un piédouche ou d’une hampe. Il a om32 de diamètre; le revers n’a aucun ornement.
M. Basilewski5, dans sa collection, en possédait une paire et un exemplaire isolé; leur poids dépasse un kilogramme.
A Trêves, on en trouve trois; à Hildesheim0,