Ann. arch., XIV, p
A la Bibliothèque de l’Arsenal (manuscrit 607, f° 99), le clerc évente le célébrant avec un disque qui paraît en plumes de paon. (PL CDLXXXXV.)
Un éventail liturgique que M. Gay attribue à une origine flamande et au commencement du xve siècle, passa, de Guéret, dans la collection Charvet, et vient d’être acquis par M. Spitzer. Il se compose de deux parties : la première, l’éventail lui-même, est un cercle de parchemin plissé et décoré de gracieuses arabesques or et azur; lorsque les plis sont rassemblés, il rentre dans un étui orné de figurines, dont une des faces mobiles adhère au dernier pli du parchemin et lui sert de conductrice quand on les déploie.
Au xve siècle, le pied où s’adaptait la hampe était quelquefois en cuir bouilli, comme on le voit dans un inventaire de Lyon, de 1448.
Un autre inventaire de la cathédrale de Troyes (1429) nous apprend aussi qu’ils étaient recouverts de soie brodée. D. Martène atteste avoir vu un flabellum au monastère des dominicains de Prouilly, et un autre à manche d’argent, à l’abbaye de Saint- Victor, de Marseille.
Un cérémonial des évêques, écrit sous Nicolas V, qui se trouve manuscrit dans la Bibliothèque Barberine (n° 2365), au chapitre de ce qu’on doit observer quand un cardinal célèbre la messe solennelle, contient ces paroles : « En été, on porte aussi des éventails pour éloigner les mouches du saint sacrifice. » Il en fait encore mention souvent dans la description de la messe solennelle chantée par le pape.
Aujourd’hui, en Occident, l’usage du flabellum est presque partout tombé en désuétude; on le retrouve cependant encore à Messine, à Malte, à Troja, en Apulie, et surtout dans les grandes cérémonies pontificales, à Rome, la gardienne si infatigable des traditions antiques.
Bibliothèque nationale, 5 1 85, f° 3 1 5 (xiv° siècle).