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PAIX LITURGIQUE

Le baiser était, dès l’antiquité, un signe de paix et de concorde que l’Eglise recueillit comme témoignage de la tendresse qu’elle voulait voir régner parmi ses enfants. Durant les premiers siècles, le clergé d’abord, les fidèles ensuite, se donnèrent mutuellement le baiser de paix avant de participer à la communion. Cette coutume a cessé depuis longtemps quant à la forme primitive, mais, avant de disparaître, elle donna naisnance à un instrument liturgique qu’on appela osculatorium , asser ad pacem, lapis pacis, tabula pacis. Cet instrument n’intervint dans la liturgie qu’au xme siècle ; nous n’avons jusque-là qu’à rechercher la manière dont la paix était donnée entre chrétiens.

Les premières paroles de paix sont sorties de l’Évangile, et le Pax vobis du Seigneur a trouvé bientôt son écho dans la messe; Tertullien1 l’appelle le sceau de la prière, « signaculum orationis.»

La paix se donnait des le ive siècle entre les fidèles. Après le départ des catéchumènes et des pénitents, « ils se lèvent, disent les constitutions apostoliques, et, se tournant vers l’Orient, ils prient Dieu, qui, du côté de l’Orient, est monté

au plus haut des 'deux . Le diacre, qui est à

côté de l’évêque, dit au peuple : « Qu’aucun de « vous ne conserve rien dans son cœur contre

i. Barrault, Bull, mon., 1 865, p. 35o.

Voyez Origène, Ep. ad Rom., xvi; Tertullien, DeOrat., 14; Saint Denis l’Aréopagite, Deeccl. hierarchia, cap. ni, 8; S. Cyrille de Jérusalem, Mystag., 5.

« son frère; que personne n’agisse avec dissimu- « lation. » Et alors, tous se saluent dans le Seigneur par un baiser; les hommes s’embrassent entre eux et les femmes agissent de même1. » Et ailleurs, on y lit encore que : « l’évêque salue l’assemblée en disant : « La paix de Dieu soit « avec vous », et que le peuple répond: « Avec « votre esprit » ; que le diacre dit à son tour : « Saluez-vous par un saint baiser», et qu’alors les clercs embrassent leur évêque 2. »

Le baiser de paix paraît avoir été joint à la communion en Afrique et en Italie : déjà on lisait dans Tertullien : «Quæ oratio cum divortio sancti

« osculi integra . quale sacrificium est, a quo

« sine pace receditur.» (De Oratione, c. xii.) Saint Augustin le répète : « Post ipsam ( orationem « dominicam), dicitur, pax vobiscum, et osculantur « se christiani in osculo sancto. » Puis saint Jérôme : « Quisquam ne extensâ manu vertit « faciem et inter sacras epulas Judæ osculum « porrigit. » (Ep. ad Theoph. Alexandr.)

Saint Cyrille, dans l’ordre de la liturgie ( en 347), établit le baiser de paix après le lavement des mains.

Suivant le rite de la messe gallicane, les fidèles se donnaient le baiser de paix et le prêtre faisait sur eux la prière Collectio ad pacem. Une lettre de saint Loup, évêque de Troyes, et de saint Euphrone, évêque d’Autun, écrite vers l’an 454

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