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Labarte, II, g

MESSE

CHAUFFOIRS D’AUTEL

Nos pères ignoraient l’art de chauffer les vastes basiliques, comme la délicatesse moderne sait le faire. On comprend que le froid envahissait ces immenses vaisseaux pendant l’hiver et paralysait les doigts du célébrant. On avait dans la sacristie des réchauds, mais la provision de chaleur, insuffisante pour la durée de la messe, était vite épuisée; on dut chercher un autre moyen, et on inventa des réchauds d’autel.

L’origine de ces boules, de ces pommes, comme on les appelait, est fort ancienne; il en est déjà parlé dans l’inventaire de Clermont, au xe siècle : « Pornos argenteos v, très in altare de scrinio, et « duos in canceleria et deauratos duos. »

Elles recevaient à l’intérieur un fer rougi au feu et suspendu dans le milieu par un petit appareil, de sorte que la chaleur s’en dégageait également par les trous pratiqués tout autour de la sphère.

Hariulfe, moine de Saint-Riquier, au xne siècle, mentionne ces pommes parmi les ustensiles de la liturgie et nous apprend qu’elles étaient quelquefois en or (lib. 2, cap. 10) : « Lampades argenteæ 6, poma aurea 3, calices aurei cum patenis 2. »

Dans un inventaire d’Angers de 1297 : « Item « duo poma deaurata pro manibus sacerdotis in « yeme calefaciendis », description à peu près répétée dans les inventaires de 1391 et 1418.

Dans un inventaire de Sainte-Marie-Majeure, au xve siècle : « Una pila rotunda de ære deaurato ad « califaciendum manus Prælatis celebrantis L »

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