‹ La messe (volume 3)Chapitre 208 sur 341 · I. PI. LXXXil, p · texte numérisé non relu

I. PI. LXXXil, p

« fiant paces argenteæ vel ligneæ tant pro viris « quant pro mulieribus1. »

Les instruments de paix sont de plus en plus nombreux et plus riches au xve siècle; ils deviennent, surtout en Italie, des objets d’art remarquables. Vasari cite les paix émaillées que Pollaiuolo 2 avait faites pour le baptistère de saint Jean comme ayant excité l’admiration de tous les connaisseurs. Nous en possédons une de la Renaissance, au Louvre, du goût le plus exquis.

Au musée de Cluny, une petite paix en cuivre ciselé et gravé appartient aussi au xve siècle; elle est ornée d’un bas-relief du crucifiement sur un fond fleurdelisé.

Une des plus belles paix est celle qui faisait partie du cabinet de M. de l’Escalopier ; elle provenait d’une église de Barcelone et offrait un travail prodigieux.

Le docteur Rock publie, à propos du baiser de paix, deux gravures d’un livre intitulé : Interprétation et signification de la Messe (Anvers, 1524, traduit du flamand par frère Gérard de laGonde). On y voit, dans l’une, l’instrument de paix placé sur l’autel, du côté de l’évangile, petite table, circulaire dans le haut, inclinée et posée sur un pied, et garnie d’une anse par derrière; sur l’autre image, le diacre, agenouillé, élève des deux mains la tablette vers le prêtre, lequel détourne la tête pour la baiser.

D’après les exemples que nous venons de proposer et que nous pourrions multiplier indéfiniment, on pourra se rendre compte de la dernière phase de l’histoire des instruments de paix. Nous devons convenir que, malgré la richesse et l’art dont les orfèvres ont souvent entouré cet objet, son introduction dans l’Eglise n’a pas augmenté la beauté de la cérémonie du baiser fraternel, et on aime, en assistant à Rome aux fonctions de la chapelle Sixtine, retrouver encore l’antique tradition et l’expression de la charité dans la liturgie.

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