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AIGUIÈRES ET BASSINS LITURGIQUES

Le lavabo de la messe a donné lieu, dès les temps les plus reculés, à l’emploi d’aiguières.et de bassins liturgiques. Nous en avons vu de nombreux spécimens dans les sarcophages chrétiens, à l’occasion de la scène de Pilate se lavant les mains. Ces aiguières ressemblent à la capis des sacrifices antiques : c’est une fiole de forme gracieuse, munie d’une anse et ornée de larges godrons ; nous n’avons qu’à rappeler ceux dont il a été question dans l’article des Burettes et dont nous avons mis plusieurs spécimens dans nos planches. (PL CCCXXX.)

On retrouve le bassin pour le lavabo très anciennement mentionné sous le titre de aquamanilium , aquamanus, aquamanile, en grec y^'pvtSov. Le mot aquamanile vient de ce que l’eau coule de l’aiguière dans le bassin «aqua manat », ou de ce que les anciens avaient coutume de demander l’eau en disant « aquam manibus », comme on le voit dans Plaute ou dans Perse.

Dans le ve canon du quatrième concile de Carthage, il est dit que le sous-diacre devait, au moment de son ordination, recevoir un aquamanile, une aiguière et un manuterge des mains de l’archidiacre, comme attribut de ses fonctions qui consistaient à préparer l’eau pour le sacrifice et à la verser lorsque l’éveque, les prêtres et les diacres lavaient leurs mains. « De manu vero archidiaconis « urceolum cum aqua et mantile et manuter- « gium. »

Ces instructions sont exactement répétées à l’office pour l’ordination du sous-diacre, dans le sacra-

mentaire grégorien. Dans l’office grec, le sousdiacre reçoit -^cpviêoÇsaiov xdt pavouXiov.

L’ordre romain prescrit aux acolytes de porter un aquamanus derrière le pape, à la grande procession de Pâques.

Saint Innocent1 offre à la basilique des saints martyrs « aquamaniles argenteas pens. sing. libras 1 6.» Sixte III (423) donnedesaquamaniliad’argent du poids de huit livres. (Lib. pont., p. 70.)

Le terme aquamanile se trouve dans les Pandectes (De Supellectili legata).

Grégoire de Tours désigne le bassin pour l’eau sous le nom de vasculum 2 : « Nihil aliud pro reli- « quiis in sanctum altare condere voluit nisi vaste culum cujus aqua in balsamum commutata « fuerat. » Le mot d’urceus est employé par lui pour le vin des oblations.

Parmi les dons considérables que Didier, évêque d’Auxerre, qui mourut dans les premières années du viie siècle, avait faits à son église, figuraient des aquamanilia; il y en avait un qui, dans le milieu, était orné d’une rosace, et dont le manche portait une tête humaine 3 : « Aquamanile pensans libras « et uncias. Habet in medio rotam liliatam et in « cauda caput hominis. » Nous retrouvons l’image d’un de ces bassins liturgiques, muni d’un

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