‹ La messe (volume 3)Chapitre 218 sur 341 · Id · texte numérisé non relu

Id

MESSE

CLOCHES

ORIGINE

Les cloches, soit qu’on les considère comme un signal destiné à convoquer les fidèles au service divin, à les prévenir du mystère eucharistique de l’autel, soit qu’elles fassent partie des insignes épiscopaux comme la crosse, soit qu’elles interviennent dans les objets du culte tels que la chape, le calice, l’encensoir, les cloches, à tous ces points de vue, méritent d’être étudiées parmi les instruments du saint sacrifice.

Leurs usages liturgiques et leurs gloires sont résumés par cette belle inscription d’un de ces bronzes:

LAUDO DEUM VERUM, PLEBEM VOCO, CONGREGO CLERUM, DEFUNCTOS PLORO, PESTEM FUGO, FESTA DECORO.

On les a désignées par un grand nombre de noms : Tintinnabulum, Petasus, Codon, Nota , Lebes,Æs, Æramentnm,SquiIla , Scilla, Esquilla, Crotalum, Signam, Cloca, Campana , Pelvis.

On a prétendu, je ne sais sur quel fondement, que saint Paulin avait été l’inventeur des cloches. C’est bien au delà de saint Paulin, et comme toujours dans l’antiquité même, que nous devons en rechercher l’origine1.

Suétone nous apprend qu’Auguste avait fait

i. Advedichian, trad. de l'abbé Pascal. Migne. p. 370.

placer des cloches sur la cime du temple de Jupiter Capitolin L

Tous les musées en possèdent, il serait fatigant d’en essayer l’énumération.

Pendant les persécutions, les chrétiens évitèrent sans doute de se servir des cloches, comme de toutes choses dont le bruit et l’éclat les auraient trahis. Baronius2 croit qu’ils étaient convoqués par des diacres appelés cursores, et il cite à l’appui un passage d’une lettre de saint Ignace à saint Polycarpe.

Les avertissements devaient être peu nécessaires, du reste, à la société chrétienne, encore si restreinte, et lorsque les prêtres et les évêques pouvaient si facilement prévenir le peuple du jour et de l’heure de la réunion.

Pendant la messe, les signaux étaient donnés par la voix des diacres : « Schola ! Attendite ! Sancta sanctis ! »

Si le silence était une règle de prudence imposée aux fidèles persécutés, on peut croire que ceux qui purent saluer le triomphe de l’Eglise ne tardèrent pas à se servir des cloches. Saint Jérôme en fait mention comme d’un signal pour réveiller les religieux.

Nous avons dessiné au musée du Vatican des

1. « Ideoque mox tintinnabula fastigium ædi redimivit, quod ea januis dependebant. » — Dion rapporte la même chose.

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