Dezobry, Dictionnaire des Lettres et Arts
La véritable origine est beaucoup plus ancienne; nous avons vu qu’il y avait déjà, à l’époque romane, des roues garnies de sonnettes qu’on faisait tourner en frappant les timbres à coups de maillet; cette manière de musique, si nous acceptons le témoignage des miniatures, semble avoir eu sa principale vogue pendant les xine et xive siècles. Les cloches, rangées selon l’ordre des timbres, sont tantôt placées sur une tige horizontale et tantôt sur la roue *.
Pour les cloches attachées à des traverses horizontales, nous citerons un psautier deM. deWaresquiel, deux miniatures d’Arras avec quatre ou cinq cloches(manuscrit 88, f°47 verso, et manuscrit 56 1, f° 1 38 verso), Bibliothèque nationale (fonds latin 3o, f° 2o3 verso), du xive siècle, à Troyes.
Nous citerons encore un manuscrit de la Bibliothèque de l’Arsenal (617, f° 225) contenantles Heures de Notre-Dame; on y voit trois cloches fixées à une potence et battues par deux marteaux. Dans un autre de la Bibliothèque nationale, mais moins ancien (1047, f° 274)> huit cloches sont fixées à trois traverses, trois aux deux premières, deux à l’inférieure.
A la Bibliothèque de Bruxelles (9391 , f° 18 verso), un bréviaire du xive siècle montre un carillonneur frappant sur quatre cloches de bronze ; un autre manuscrit, avec deux marteaux (9427); à la Bibliothèque des Bollandistes, une miniature avec six cloches d’or.
Pour les roues sonores nous citerons un basrelief d’Orvieto et une miniature de la Bibliothèque nationale (85oo). Les édicules qui les abritent sont quelquefois très élégants. Les roues se meuvent verticalement; sur un bréviaire de la Bibliothèque de Bruxelles, nous en trouvons une en or roulant sur un plan horizontal (manuscrit 9026, f° 162 verso), et soutenant tout autour un suite de cloches en bronze2. Schmid publie des roues de carillons à Vérone et à Augsbourg3.
1. Les calques manuscrits de M. de Bastard, à la Bibliothèque nationale, nous fournissent en cette circonstance un bon nombre d’exemples.
2. Voy. un exemple du xv° siècle dans « Beitrag zur kentniss der glockenràder :
— Fontes rer. germ. III, 145 : « Salemanni abbatis....
Hic... strata pavimenti perfecit . et ut de reliquis tacea-
mus, scilicet duobus nolarum circulis. »
Mittheilungen, 1864, IV.