‹ La messe (volume 3)Chapitre 279 sur 341 · Abbé Corblet, Revue de l’Art chrétien, i883, p. 5a · texte numérisé non relu

Abbé Corblet, Revue de l’Art chrétien, i883, p. 5a

XIe SIECLE.

Une nappe d’autel du xie siècle avait été brodée en couleur par Elisabeth, femme de Wifred, comte de Cerdagne, et se trouvait dans l’abbaye de Saint-Martin du Canigou1.

Les nappes des autels se composaient quelquefois de trois couvertures de soie byzantine, et, pendant le carême, elles étaient en lin « opéré plumario2. »

D’après les statuts du concile de Cahors, les nappes devaient être convenables et bien recouvrir l’autel; on devait, par conséquent, les faire à la mesure de la table sacrée3.

Lanfranc, l’illustre archevêque de Cantorbéry (-J- 1089), parle d’une pâlie dont l’autel était couvert et qui ne pendait que sur le devant : « Palla qua altare coopertum est et cujus pars anterior pendet. » (Pugin.)

Les miniatures nous ouvrent d’utiles renseignements dans nos recherches sur les vêtements d’autel; le manuscrit de la vie de saint Aubin, acquis dernièrement par la Bibliothèque nationale, en contient des plus curieux. Nous y voyons la représentation d’un autel déjà appuyé à la chasse des reliques, et revêtu d’une nappe; le dessus est vert avec filets qui encadrent au centre une plaque d’or; le châssis du bord, que nous avons signalé dans les peintures byzantines, est visible ici; c’est une sorte de collier rouge avec rosaces entre deux champs ; il maintient les pentes de la nappe qui ne sont pas du même morceau de face et de côté; la partie de l’étoffe qui garnit la face est semée de pois rouges, celles latérales sont en vert uni. Les plis laissent flotter sur le socle mouluré de l’autel une frange de houppes rouges (manuscrit 1390); sur une autre page du même manuscrit, il y a deux nappes, une bleue qui recouvre la verte. (PL CDXIII.)

Dans le manuscrit des miracles de saint Benoit,

àTroyes,on trouve plusieurs spécimensde nappes : au f° 70 verso, une nappe verte à larges plis recouvre la table sacrée et le gradin; elle est Axée aux angles par de petites boules. On voit à d’autres folios des nappes blanches qui descendent assez peu. (PI. X et XL)

Le missel de Limoges (Bibliothèque nationale, manuscrit 9q38) présente l’exemple d’une nappe rouge ne recouvrant que la moitié de l’autel, dont on voit encore les ornements '; le manuscrit 9448 offre la même particularité 2. D’autres fois (manuscrit iy325, f° 21 verso) c’est une riche tenture agrémentée de cercles et de pois bleus, qui retombe sur tout l’autel 3, ou bien la nappe (manuscrit i8oo5) est une grande pièce d’étoffe carrée, d’un blanc violacé, partagée par une bande jaune crucifère et forme une croix équilatérale dont les bras retombent de chaque côté comme les extrémités d’un pallium 4 * * *.

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Bibliothèque de Bamberg. A, II, 42, xi« siècle.

Nous retrouvons cette même bande dans une miniature de Bamberg (A, 11,42), ornée de croix rouges, sur l’autel en or nous la remarquons aussi sur une nappe du manuscrit d’Egbert, à Trêves °.

L’absence de nappe peut être constatée sur les manuscrits 1 796 1 et 1 2 1 1 7 S sur le missel de Saint- Denys, de la Bibliothèque nationale. (PL XIII.)

11 existe dans la Bibliothèque d’Einsiedeln8 une

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