I. PI. XXII, fig. I
Communiqué par Mgr Barbier de Montault.
grand carré de broderie, qui représente au centre Notre-Seigneur tenant une croix entre les deux anges Michel et Gabriel et entre les médaillons du soleil et de la lune.
La Chronique de Mayence nous signale les riches tapisseries qui s’étendaient autour de l’autel.
bibliothèque de Troyes. Manuscrit du XI» siècle.
XIIe SIÈCLE.
Il ne paraît pas y avoir eu grande différence dans la manière de vêtir les autels aux xi° et xne siècles. On retrouve au xne les châssis que nous avons observés déjà sur la surface des tables carrées. La mosaïque de Saint-Ambroise, à Milan, nous en donne un exemple sur son autel circulaire, dont le bord est serti d’une suite de rinceaux qui doivent être l’ornement du châssis. (PL XVII.) Sur la mosaïque de Venise, le vêtement d’autel est attaché de la même façon, il est rouge et terminé dans le bas par une bande de franges blanches (PL XVIII); ce sont aussi les mêmes attaches dans le bas-relief de l’église de Saint-Denys1 (PL XIV.)
Je ne sais pourquoi les Cisterciens défendaient de placer des bordures aux nappes de leurs autels2;
1. Sur une miniature de Cambrai, l’enrayure qui serre la nappe paraît posée après la nappe elle-même (Durieux, PI. IV).
2. Prohibetur, ne in altaribus nostris habeantur mappæ limbatæ.
Stat. cap. gen. ord. cisterc. (a. 1 199).
Martène, Nov. Thés, atiecd., t. IV, p. 1293.
Schmid.
XIIe SIECLE.
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il est certain que nous en avons vu et que nous en verrons un grand nombre garnies de cet ornement, qui prit une importance considérable au xme siècle.
On lit dans les papiers de Montfaucon de la Bibliothèque nationale (latin 11912, f° 1 9 3 ) la description d'une nappe d’or de la Chaise-Dieu :
« Une nappe d’or à fleurons de 18 pieds 12 pouces « de long et de 4 pieds 4 pouces de large. On la « met les grandes festes sur le maître-autel et le » corporal seul par-dessus et tombe jusqu’au mi- « lieu du devent d’autel et sert même, quand on « veut, de nappe de devent d’autel. »
Mabillon publie, dans les Annales bénédictines (t. 1, p. 528), une peinture qui représente sainte Aldegonde emportée par un ange, et au-dessous un autel drapé. C’est une étoffe simplement jetée et laissée libre dans ses plis *.
Le manuscrit latin 5286 de la Bibliothèque nationale nous offre l’image d’une nappe qui ne retombe que devant et derrière, laissant à découvert les flancs de l’autel ; elle est bordée d’un liseré noir et d’une frange alternativement rouge et bleue. Au f° 107, on trouve représentés plusieurs autels juxtaposés et garnis de leurs nappes.
Dans la châsse de Moyen-Moutiers, dont nous conservons le souvenir dans les dessins qu’avait recueillis Montfaucon, un autel est figuré avec nappe retombant carrément sur tous les côtés et présentant en avant une large croix équilatérale bordée de perles et accompagnée de quatre médaillons oü figuraient probablement les Evangélistes. Cette nappe est frangée2, un retable semble dressé au-dessus de l’autel ( voy. Chasubles, PL DLXXXXII).
Sur l’émail du Louvre, une simple nappe retombe également sur les quatre côtés. (PL XIII.)
Au rouleau de Bertrand de Baux, une nappe très ample couvre tout l’autel. (PL XV.)
Dans un dessin du cartulaire du mont Saint-Michel, à la Bibliothèque d’Avranches, la nappe d’autel paraît, aux angles, retenue par des anneaux. (PL CDLVIII.)