‹ La messe (volume 3)Chapitre 282 sur 341 · Id., f · texte numérisé non relu

Id., f

Un manuscrit de Gùnd (Lamberti canon., liber * Floridus, f° 259 verso) nous fournit un des plus anciens exemples de reliquaire dressé au-dessus de l’autel, et, sur l’autel lui-même, une nappe intéressante. La jupe rouge de cette nappe flotte autour, serrée dans le haut par un cadre de bois, mais l’étoffe du dessus n’est pas de la même pièce que les côtés; elle est blanche et décorée de dessins rouges. (PL CDLIV.) Je ne crois pas qu’alors, dans ce pays, cette coutume de serrer la partie supérieure de la nappe fût générale; nous avons aussi dessiné, àGand,les ruines de l’ancienne église de Saint-Bavon, où la nappe est libre sur l’autel. (PL DVI IL)

En Angleterre, les vêtements d’autel atteignirent quelquefois un grand luxe ; pour la fête de Pâques notamment, l’autel était orné, quand on pouvait, d’antipendia de soie, d’argent ou d’or. On suspendait trois vestes devantrantipendium ; la plus voisine de l’autel était rouge, la seconde par-dessus grise, et la troisième noire. Le matin, pendant le chant du psaume, on ne voyait que le vêtement noir, symbole du temps qui précéda la loi mosaïque; on l’enlevait à la fin de la première leçon, et on découvrait le vêtement gris représentant la loi de Moïse; enfin, pendant la troisième leçon, on rendait visible le vêtement rouge, symbole du temps de grâce acheté par le sang divin. Lorsque le Te Deum était entonné, on retirait le rouge lui-même, et l’antipendium du fond apparaissait avec son éclat, qui rappelait la gloire du Christ ressuscité L

Rupert de Tuitz rappelle aussi que, l’autel figurant le Christ, il est convenable le vendredi saint de le dépouiller de ses vêtements, comme le Sauveur au moment d’être crucifié; c’est dans la même pensée qu’on le lavait avec de l’eau et du vin, so’uvenir de l’eau et du sang qui jaillirent de son côté1 2.

Il ne nous reste plus que de rares échantillons des étoffes que nous étudions en ce moment; cependant le musée de South-Kensington possède deux précieux débris du xne siècle3.

1 . Bridgett, History of the holy Eucharist in the Great Britain, II, p. 258.

Page 1