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VETEMENTS D’AUTEL

cle, possédé par M. Bayman. Il porte une madone dans la gloire, entourée d’anges (n° 21) h

Nous avons signalé un retour vers la simplicité des vêtements d’autel, au xive siècle; mais on aurait tort de croire qu’on eût abandonné les anciennes traditions de magnificence pour ces objets liturgiques.

RÉSUMÉ

Il ne nous reste qu’à remettre sous une vue d’ensemble l’histoire des vêtements d’autel dont on vient de lire les détails. Nous avons observé, pour les origines, que les premières nappes étaient les corporaux que les diacres étendaient sur l’autel par respect pour la sainte Eucharistie. Mais, bientôt, dès le temps de saint Jean Chrysostome, de riches vêtements de soie recouvraient la table sacrée.

L’Orient semble avoir pris les devants dans cette voie de magnificence, et les images qu’il nous a laissées à Ravenne nous prouvent que, dès le vi° siècle, les autels s’enveloppaient déjà de pourpre et d’or, qu’ils avaient plusieurs vestes, et que la nappe blanche était celle sur laquelle on posait les pains consacrés, cette nappe qui rappelait le linceul du Christ, et sans doute aussi, l’usage primitif du corporal. Nous avons ajouté que les pallia recouvrant les tables consacrées ou les tombeaux des martyrs atteignaient alors une grande richesse en Gaule, mais qu'on recourait souvent aux Grecs pour leur fabrication.

A l’avènement des Carlovingiens, ces emprunts faits aux arts orientaux se généralisèrent sous l'influence d'une double cause : la persécution iconoclaste qui faisait refluer les artistes vers l’Occident, la richesse de l’Église latine et la libéralité des papes qui profitèrent des circonstances pour fonder près d’eux de féconds ateliers. Soit qu’on

1. Voyez aussi un vêtement d’autel, sans doute plus ancien, où figure le martyre de saint Paul.

Avchceol. journal, IV, 285.

ait voulu protester contre les ineptes persécutions byzantines en mettant partout des images, soit que l'on eût besoin alors de sortir du symbolisme primitif pour rendre l’art plus réaliste, nous voyons se manifester dans l’ornementation des vêtements d’autel une transformation. Les dessins géométriques, les gammadiæ, les rosaces disparaissent des métiers des nouveaux brodeurs, qui s’emparent avec hardiesse des scènes bibliques. On est étonné de la variété des sujets, du nombre de personnages qu’ils introduisaient, et en même temps de la splendeur de la matière.

Si les brodeurs byzantins subirent quelque influence du goût réaliste des Latins, je ne crois pas qu’ils abandonnèrent leurs méthodes, leurs modèles, car ils importèrent en Italie jusqu’aux noms grecs dont le Livre pontifical nous a transmis la nomenclature; bien plus, le pape Zacharie, l’hôte et le soutien des artistes émigrés, était Grec, et il ne faisait, en les recevant, qu’ouvrir les bras à ses compatriotes.

Nous avons insisté sur les étymologies de ces termes qui ont une grande importance et qui forment comme des échos de la Grèce en Italie.

Tous les monuments de la magnificence de Léon III, de Pascal Ier, de Benoît III ont disparu; il nous reste cependant des fragments d’une vestis du vme siècle, longtemps méconnue sous la forme d’une chasuble à laquelle on les avait appliqués et sous le nom de casula diptycha. Nous avons cherché à rétablir géométralement ces précieuses broderies qu’on conserve à Ravenne et demandé au compas même une authentique nouvelle.

Il semble que l’Église latine n’ait pas conservé longtemps l’usage des parements tendus, comme l’étaient sans doute les tableaux que les brodeurs byzantins lui fabriquaient au ixe siècle; à défaut de ces images, qu'on ne savait plus faire en Occident, on voulut chercher une certaine richesse dans l’ampleur et le nombre des plis; on conserva les bordures d'or, les semis de croix ou de fleurons, que les plis pouvaient briser sans le même inconvénient que les broderies de figures humaines, et on étendit sur les autels une large pièce d’étoffe, souvent pourpre, qui retombait majestueusement sur les quatre faces. Nous avons vu, dans le bénédictionnaire de saint Æthelwold, que ce fut le début de la nappe romane.

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