‹ La messe (volume 3)Chapitre 305 sur 341 · Bona, trad. de Lobrv, I, 44c · texte numérisé non relu

Bona, trad. de Lobrv, I, 44c

On peut se rendre compte de la grandeur et de l’usage de la pâlie au xive siècle dans le manuscrit de la vie de saint Clément (Arsenal 5227, f° 36 verso, a. D. i3o3) (PI. DIII); manuscrit latin de la Bibliothèque nationale, 767, 222 (PL CCCCXII); même Bibliothèque, 5286, f° 191 verso. (PL CCCCLXXXIII.)

BOURSES

Pour plus de convenance, le corporal est enfermé dans une bourse ou corporalier, tant que le prêtre ne s’en sert pas à l’autel. Cet objet est composé de deux cartons joints ensemble et dont la face antérieure est de la même étoffe que l’ornement, ou du moins de lamêmecouleur. Il en est fait mention dans les anciennes rubriques sous le nom de pera.

La chronique de Mayence en parle ainsi : « Peram ad corporalia filis aureis insertis miri « operis et decoris.» (Du Cange.)

La plus ancienne bourse que je connaisse est celle sur laquelle M. de Farcy a attiré notre attention, et que l’on possède depuis quelque temps au musée de Cluny (n° 6527). Elle est un peu plus petite que celle d’aujourd’hui, et n’a que omi6 sur omi7; au lieu d’être simplement composée d’une poche en soufflet, elle est garnie d’un troisième panneau qui retombe en avant pour mieux la fermer ; chaque panneau, les deux de la poche et celui de devant, est orné de sujets brodés, encadrés de bordures. Les sujets placés sur les deux faces de la poche sont la nativité et le crucifiement. Sur le premier on voit la sainte Vierge couchée auprès de la crèche et de l’enfant Jésus, saint Joseph à ses pieds; dans le crucifiement, Marie, saint Jean et sainte Madeleine sont au bas de la croix; Notre-Seigneur n’a que trois clous, ce qui nous empêche, malgré quelques traits encoie archaïques, de classer cet ouvrage au delà du xme siècle. Lorsque la bourse est feintée et le troisième panneau rabattu, la nativité est cachée

BOURSES

par une broderie qui tigure saint Jean-Baptiste tenant entre ses mains l’Agneau dans un médaillon, et entouré aux quatre angles des attributs évangéliques. Ce panneau est doublé en parchemin recouvert de soie jaune. Il s’agrafe dans le bas par deux petites boucles dont il est muni et qui correspondent à deux brides oü elles pénètrent. (PI. DIV.)

A cette époque, les bourses s’appelaient quelquefois receptacula , comme nous lisons dans la donation de l’évêque d’Halberstadt (1208) : « Duo « corporalia cum respectaculis eorumdem1.»

Nous ne citons, d’après Mgr de Montault, les bourses d’Anagni qu’avec réserve, parce qu’il a quelques doutes sur leurauthenticité. Leur dimension est à peu près celle des bourses actuelles ; elles se composent de deux morceaux d’étoffe carrés, doublés de forte toile, cousus sur trois côtés et ouverts en avant pour donner entrée au corporal. Le caractère de la broderie pourrait les faire assigner aux xae, xme et xive siècles. La plus ancienne, d’origine grecque, est bordée d’argent, le fond est rouge, et la seconde de même"2.

Les inventaires nous offrent nombreuses mentions de ces objets. Dans celui de Lincoln, il n’est pas question de moins de soixante-dix bourses à corporal, ornées de perles et brodées de divers sujets, entre autres la nativité de Notre Seigneur.

Dans l’inventaire de Saint-Paul, de Londres, il est question d’une grande capsa à corporaux, brodée d’une croix et d’inscriptions; d’une seconde qui porte d’un côté le Sauveur en majesté, et de l’autre des rinceaux de fleurs; d’une troisième qui avait l’image du crucifiement et qui était spécialement, avec ses corporaux, réservée à l’autel delà sainte Vierge, car chaque autel avait ses corporaux particuliers.

Pugin, auquel nous empruntons ces renseignements, parle d’une bourse sur laquelle était figurée la résurrection, d’une autre avec la sainte Vierge et saint Jean.

Adam Sodbury, cinquante-troisième abbé de Glastonbury, donne trois paires de corporaux avec autant d’étuis pour les contenir ; sur le premier,

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