MOYEN AGE
Du Cange, In Dominica post ascensionem et in nebula , rapporte que dans l’ordinaire de l’église de Rouen, pendant le chant du Veni, Creator , on jetait des feuilles de chêne et des flammes; au Gloria in cxcelsis , on lâchait une quantité de petits oiseaux avec des fleurettes attachées aux pattes. .
Dans une église de Lisieux, au x 1 1 1° siècle, on faisait des feux de paille, et, au Kyrie , eleison , on y jetait des fleurs.
Le chandelier pascal, si nous en croyons les nombreuses miniatures qui nous en restent, devait être orné de fleurs, sorte de collier dans le genre des couronnes que les soldats romains mettaient aux hampes des enseignes.
Nous possédons, dans le midi de la France, un exemple très curieux des guirlandes du xne siècle : je veux parler de celles sculptées en pierre sur la corniche du cloître de Vaison '. Il est probable que l’artiste a été inspiré dans cette ornementation par les guirlandes naturelles qu’il voyait suspendre dans les églises aux jours de fête.
Ce serait une tâche facile de suivre, dans les siècles modernes, l’histoire des fleurs liturgiques, et de prouver que jamais l’Eglise n’a abandonné cette parure si simple et si riche; il est certain que depuis la feuille de ce martyrium dont parle saint Augustin, qui occasionna la conversion d’un païen, jusqu’aux feuilles que les pèlerins du xixe siècle ramassent sur le passage du saint Sacrement ou dans la grotte de Lourdes, les fleurs ont toujours été un ornement et un objet de vénération. Mais si ce rapprochement entre les anciens usages liturgiques et les nôtres est saisissant, nous avouerons