‹ La messe (volume 3)Chapitre 45 sur 341 · Id · texte numérisé non relu

Id

XIIIe SIÈCLE.

que la forme des lampes se soit beaucoup modifiée; on en jugera par les spécimens qui vont être présentés.

Une fresque du porche de Saint-Laurent-horsles-Murs donne idée de la manière dont le chœur était alors illuminé. Les vases à feu qui pendent des sôffites sont de deux sortes, les uns en forme de coupe assez plate avec cul-de-lampe, les autres avec un rebord et une panse épaisse. (PL XIX.)

A propos de la translation des corps de saint Pierre et de saint Paul^ nous avons donné une reproduction, d’après Grimaldi, d’une fresque qui se trouvait dans l’ancien Saint-Pierre et qui figure cette cérémonie. Sous le ciborium qu’on y a représenté pend une couronne, à laquelle sont accrochées plusieurs lampes, comme dans la miniature Corsini1. (PL XVI.)

Les fresques malheureusement si ruinées de San-Pietro-a-Grado, près Pise, laissent encore apercevoir quelques détails intéressants sur le luminaire des églises au xmc siècle; on y voit notamment une lampe suspendue sous une haute couronne octogone, ou pour mieux dire sous un pavillon orné d’étoiles et d’armoiries. (Pl.CDXLVI.

On remarque sur les peintures d’Assise des lustres composés de deux cercles de fer reliés par

1. Cette fresque est reproduite aussi par Aringhi, Roma subter., I.

des montants de fer et supportant des lampes. (PL CDXLVI.) (Photographie de Lunghi.)

La France (avait repris dans l’art une grande place sous saint Louis. — On sait à quelle perfection parvint alors l’orfèvrerie, et on peut en conclure les progrès dont profitèrent les lampes d’églises.

Les vitraux de nos cathédrales doivent être étudiés pour apprendre la disposition du luminaire. On y voit que les lampes furent souvent alors groupées par trois et suspendues à une tige horizontale; au Mans1, cette tige elle-même est suspendue par trois chaînes qui se réunissent en une seule; les lampes, au lieu de mèches, contiennent des cierges. — Dans un vitrail de Beauvais, figurant la légende de Théophile'2, on voit, outre la lampe qui pend au-dessus de l’autel, trois lampes accrochées à une pergula (PI. CDLVIII); sur un autre panneau, trois lampes sont suspendues à un triangle au-dessus du chancel, et, de plus, un gros chandelier de imoo de haut brûle devant l’autel de la Sainte-Vierge.

Un vitrail de Laon3 nous fournit l’image d’un appareil de lumière du même genre, qui rappelle aussi celui d’un bas-relief de bronze de Bénévent. C’est un triangle suspendu par l’angle supérieur et portant trois lampes à sa base. Il paraît placé dans la nef au-dessus de chandeliers posés à terre.

Un vitrail de Clermont nous offre deux lampes soutenues par une même tige horizontale, supportée par deux chaînes qui se réunissent et montent au point d’attache sous une arcade ogivale4.

Il est à croire que les jours de fête, on dessinait quelquefois les formes architecturales dans les églises avec des lampes, comme on le fait maintenant pour les fêtes publiques; un manuscrit de l’Apocalypse, dans la Bibliothèque de Toulouse, nous montre Notre-Seigneur dans une auréole, et

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