Ancien fonds Saint-Germain, n
Viollet-i.e-Duc, Mobilier, p. 120.
XIIIe SIÈCLE.
Dans le triptyque de la Sainte-Chandelle d’Arras, qui nous donne une vue de l’ancienne cathédrale, au-dessus de la clôture du choeur, on voit figurée une herse élégante, ornée de trilobés renversés, à la jonction desquels s’élevaient les chandeliers.
Les représentations de l’Apocalypse nous offrent des exemples de ces herses dont nous avons fait une gravure. (PL CDLVIII.)
Manuscrit de l'Apocalypse (xiii« siècle). Bibliothèque nationale, fonds latin, 688 et 5ii.
Les trabes étaient par le fait des herses de grande dimension; elles s’élevaient, nous dit M. Violletle-Duc1, en avant de l’autel principal dans les églises abbatiales. Dans l’église de Saint-Denis, à l’extrémité des stalles, d’un gros pilier à l’autre, une trabe transversait le chœur; cette poutre était peinte d’azur avec semis de fleurs de lis d’or, et , couronnée par une croix et de nombreux flam-' beaux.
Ces trabes reposaient parfois sur des colonnes, comme dans la petite église conventuelle de Saint- Jean-au-Bois (près Compiègne).
L’église abbatiale de Cluny possédait une trabe magnifiquement ornée d’orfèvrerie et de chandeliers de vermeil.
La cathédrale de Toul avait une de ces poutres
i. Dict., III, 233.
en forme de râteau (rastrum) qui recevait quatrevingt-douze cierges1.
Le dessin d’un cartulaire du Mont-Saint-Michel, qui est déposé à la Bibliothèque d’Avranches, et dont j’ai retrouvé une copie dans les papiers de Léchaudé d’Anisy2, représente au-dessus de l’autel, à l’entrée du sanctuaire, une trabe avec des cierges au-dessus. (PI. CDLVIII.)
M. Darcel pense qu’il y en avait jusqu’à cinq dans l’église de Notre-Dame de Senlis3. On y voyait une trabe ornée de dessins naïfs et illuminée de douze candélabres de cuivre 1 (1494).
« A Bourges, nous dit Lebrun-Desmarettes 3, au pied du cierge qui brûle devant le Saint-Sacrement, est une barre de fer grosse comme le bras, laquelle soutient une petite poutre longue du travers du chœur, sur laquelle sont 3 2 cierges. De là jusqu’à l’autel, il y a six grands chandeliers de cuivre de 4 ou 5 pieds.
« Un tref du même genre traversait aussi le chœur de la cathédrale de Bayeux.»
L’église de Notre-Dame de Guingamp présente, dans quelques-unes de ses parties, des têtes saillantes formant consoles qui semblent destinées à supporter des trefs ; ces têtes du xin® siècle font saillie de trois mètres environ au-dessus du sol sur les piliers de l’entrée du chœur; d’autres consoles correspondent à celles-ci, qui ne peuvent s’expliquer que par des traverses pour luminaires. Ces traverses devaient être au nombre de cinq d’après les vestiges, trois sur une même ligne, à l’entrée du chœur et de chacun des bas-côtés ; deux en retour d’équerre, à l’entrée de chacun des transepts G.
A Cantorbéry, il y avait une trabe, mais il n’est pas dit qu’elle portât, comme les précédentes en France, des rangées de cierges ".
Le chandelier pascal au xme siècle paraît avoir quelquefois dépassé en grandeur les proportions de ceux du xne. Nous avons vu qu’à la cathédrale de Durham, on était obligé de l’allumer par les voûtes s.