Robert, X
Voyez aussi Magasin pittoresque, 1834, p. 85, tiu 0.
La Bibliothèque Sainte-Geneviève en possédait une dans ses collections.
Du Molinet, PI. XXXIU, fig. 3.
plus en plus rare, touchent la panse du vase ; le vase est accosté' de deux A et de deux groupes de trois points. Nous avons gravé (PI. CCLXXXIV, fig. 3) une de ces pièces qui portent la croix. On a prétendu que Caribert mettait la croix sur le calice pour obéir au troisième canon du concile de Tours (567) qui exigeait que le corps du Seigneur
fût sous la croix, « est corpus Domini . sub ti-
tulo crucis componatur ». Nous avons déjà vu (vol. II, p. 63) les incertitudes que présente la lecture de ce texte, et, de plus, ce motif apparaît, dès le ve siècle, comme les inscriptions de Vienne nous l’ont fait voir, c’est-à-dire un siècle avant le concile de Tours, de sorte qu’une telle explication ne peut être accueillie qu’avec réserve.
Nous avons gravé (PI. CCXCII, fig. 1 1) une médaille que nous a fournie M. d’Amécourt et sur laquelle la croix est dessinée par cinq petites boules.
La médaille copiée fig. 6 (PI. CCLXXXVIII), dont M. d’Amécourt nous a permis aussi de prendre l’empreinte, est une des meilleures de l’époque mérovingienne, une de celles où le calice nous montre le mieux son caractère liturgique. Dans les monnaies précédentes, la croix est représentée nue, au lieu qu’ici elle est accompagnée d’attributs qui rappellent encore plus directement le Sauveur lui-même; suivant l’usage assez fréquent en Gaule, le P du chrisme se change en R latine par l’addition du jambage inférieur, et fait du haut de la croix un monogramme de Jésus-Christ ; sous les branches pendent l’A et l’Q qui le personnifient.
Cette pièce unique 11’est pas seulement intéressante en elle-même, mais aussi par le nom qu’elle a le privilège d’offrir; en effet, la légende Mellito la reporte à saint Mellitus (f 624), que Grégoire le Grand avait envoyé comme missionnaire en Angleterre et qui devint plus tard archevêque deCantorbéry. Nous aimons d’autant mieux rappeler ici sa mémoire qu’il fut, comme nous 1 avons déjà dit, confesseur de l’Eucharistie lorsqu’il refusa la demande sacrilège des fils de Sabert, et paya de 1 exil cet acte de courage. Il passa alors en France et laissa derrière lui une mémoire en grande vénération. Cette pièce provient d’une fabrique rouennaise, comme le prouve la légende Rotom. Nous devons remarquer l’effigie qui représente un personnage portant un pain à sa bouche; ne serait-ce pas une allusion à l’acte du saint confesseur ? Ne serait-ce pas
CALICES
l'image d’un communiant qui, suivant l'usage de ce temps, porterait le pain consacré à ses lèvres?
Cette pièce d’or prouve que la représentation des calices sur les monnaies n’appartenait pas exclusivement au midi, et elle renverse l’idée que quelques numismates s’étaient faite de voir dans ces vases une sorte de rébus du mot gabaletanum, c’est-à-dire un simple gobelet.
3° Calices avec rinceaux. — Il paraît probable que la croix sur le calice est un symbole eucharistique; les tiges de pampres qu’on voit à la même place sur beaucoup d’autres médailles, ont pu être tracées d’après la même inspiration. Nous en avons copié deux spécimens au cabinet de France; la première de ces monnaies que l’on trouvera gravée fig. 8 (PI. CCLXXXVIII) a pour légende gavaletano; la seconde porte une couronne lemnisquée autour de son disque et cette légende gavaletano fi (fig. 9). Elles proviennent de l’atelier de Javouls, ancien chef-lieu qu’avaient ruiné les premières invasions barbares. J’ai dessiné (fig. 10) une troisième pièce qui provient de la collection d’Amécourt, ce qui indique la même idée plus explicitement en montrant non seulement un plus grand développement de rinceaux, mais les grappes attachées aux branches. Il est si clair qu’il s’agit de pampres qu’une monnaie (PI. CCLXCII, fig. 14) du même temps nous montre une colombe becquetant un rameau de vigne avec son fruit.
40 Calices avec colombes. — Cette particularité nous présente une autre variété de monnaies. Nous donnons un exemple de calices accompagnés de colombes, que nous avons pris au cabinet de France (fig. 1 5 ) ; c'est un triens d’or de Cahors orné au pourtour d’une couronne à demi effacée, de l’inscription L E, et au-dessous d’un calice ou viennent becqueter deux colombes ; pour la première fois, nous voyons ici le calice figuré sans anses.
M. d’Amécourt possède une pièce de Cahors du j même monétaire LEO avec les deux colombes , mais au lieu de boire dans un calice, elles becquètent les baies d’un arbuste placé entre elles1. (PI. CCLXCII, fig. 1 3.
M. de Barthélemy m’a montré, dans sa vaste