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Rich, p

MESSE

iv — 10

CALICES

passage du mémoire où M. Rossignol signalait au ministre de l’Instruction publique la découverte qu’on venait de faire : « Les médailles qui ont été trouvées avec le vase et le plateau, donnent une réponse péremptoire. En effet, à l’exception de deux pièces un peu anciennes, dont l’une est de Zenon et l’autre de Léon, toutes les autres, au nombre de cent deux, sont d’Anastase et de Justin son successeur, qui a régné de 5 1 8 à 527 sur le trône de Constantinople. Les plus anciennes sont plus ou moins usées par le frottement, on voit qu’elles ont longtemps circulé ; les dernières, celles de Justin, ont les traits vifs, les lettres anguleuses; lacirconférence est franchement coupée; quinaires et sous d’or, tous à Heur de coin, on dirait qu’ils ont passé de l’atelier du monnayeur dans les mains de celui qui les a enfouis. S’il n'y avait qu’unepièce monnayée, elle n’eût donné qu’une indication de peu de valeur; mais il y en avait une quantité I considérable; ce sont autant d’inscriptions qui se répètent et se soutiennent; il faut en accepter la signification et placer entre 5 18 et 527 l’époque où le trésor a été caché. »

Il ne me paraît pas certain que ces objets soient, comme il a été dit, d’origine orientale1; la perfection du travail ne peut être à cet égard un argument suffisant, surtout lorsque leur caractère, éloigné du byzantin, est encore franchement antique. Il faut se méfier, lorsque l’on étudie les époques qui passent pour les plus barbares, de comprendre toutes leurs œuvres sous la même sévérité de jugement; s'il est vrai que l’invasion franque n’ait apporté aucun art nouveau et qu’elle ne mérite que trop l’appellation de barbare qu’on lui a donnée, on doit croire aussi que les conquérants trouvèrent devant eux des arts encore vivants, empreints d’un reste de tradition antique, et qu’ils subirent à leur tour l’influence morale et artistique de leurs vaincus. Les anciens collèges d’artisans semblent subsister à peu près tels qu’ils étaient sous la domination romaine; l’ancienne loi salique et la loi des Allemands considèrent les orfèvres comme des esclaves de haute valeur Saint Eloi qui, selon l’expression du moine de

1. La présence dans le trésor de monnaies byzantines n’est pas une preuve de communauté d’origine. On sait que les pièces d’or de Constantinople continuèrent longtemps à circuler en Occident; elles furent même, jusque sous la ti oisième race, désignées sous le nom vulgaire de bêlants ou byzantines. ( Mag . pitt., i83q, p. 86.)

Saint-Denys, occupait à la cour de Dagobert le poste de summus aurifex, était de condition libre et de race gallo-romaine; les noms de ses père et mère, Eucher, Terragia, le prouvent clairement. Ajoutons que certains noms d’orfèvres, tels que Abbo, maître de saint Eloi, et Bobbo, semblent prouver que l’art de l’orfèvrerie avait pris racine chez quelques Francs eux-mêmes.

Ces considérations suffisent à prouver qu’au vie siècle, la Gaule, surtout le royaume de Bourgogne, le plus civilisé des pays mérovingiens, n’était pas assez dépourvue d’artistes pour que nous leur ôtions l’honneur d’avoir exécuté les précieux vases que nous avons sous les yeux.

Une observation me paraît surtout importante en faveur de leur origine gauloise, c’est l’analogie de forme entre le calice de Gourdon et plusieurs images de calices empreintes sur les monnaies mérovingiennes. Que l’on prenne par exemple un triens de Mende qui porte cette image, on sera frappé de l’identité du col, de la panse, du pied et surtout des anses attachées aux côtés. On retrouve la même silhouette.

Ces monnaies forment en effet une page intéressante de l’histoire des calices; elles nous offrent des documents trop curieux par leur nombre et leur antiquité, pour que nous ayons le droit de les négliger. On a cherché diverses explications à la présence d’un calice sur ces pièces, on y a vu une allusion aux vignobles du pays ou à l’industrie des terres cuites, un souvenir christianisé du culte de Bacchus, etc., mais je n'en vois pas de plus satisfaisante qu'un hommage rendu à la sainte Eucharistie. On sait la quantité prodigieuse de calices que Childebert (-f- 5 58) rapporta dans son butin d’Espagne. Ces trophées influèrent peutêtre sur les monétaires. Bien que beaucoup de ces pièces appartiennent au vne siècle, nous compléterons ici l’étude que nous leur devons et que nous diviserons suivant les attributs. Nous examinerons successivement sur ces médailles, les calices simples, les calices crucifères, les calices avec pampres, ceux avec hosties, ceux avec colombes:

t° Calices isolés. — Citons d’abord quelques spécimens de calices isolés; on trouve ce type suides médailles provenant des fameux ateliers de Banassac, avec la légende Gavaletano et l’exergue

Vlc-Vlle SIECLES. — MONNAIES MEROVINGIENNES.

Han 1 ; Grégoire de Tours désigne le chef-lieu des Gabales par « civitas Gabalum. » Le Gévaudan fit partie, dès 5 i i , des cités de la première Aquitaine jointes à l’Australie.

M. d’Amécourt, auquel nous devons tant de remercîments pour son accueil libéral, nous a communiqué une pièce qui, précisément à cause de sa simplicité, lui paraît très ancienne et du vie siècle (tig. 12). Le calice ansé, noué, pédiculé, n’est accompagné que d’une couronne de feuillage. La correction du dessin confirme l’attribution à une époque reculée.

Le Magasin pittoresque (1834, p. 85, tig. 6) a publié un tiers de sol de ce genre qui fut frappé à Bagnols et qu’on attribue à Sigebert, roi d’Australie (-J- SyS), frère de Caribert. Le cabinet de France en possède plusieurs de ce modèle.

20 Calices avec croix. — La croix sortant du calice est un motif souvent répété sur les monuments du vie siècle; nous avons vu l’origine dans la présence du chrisme à cette place sur les marbres funéraires, et nous le retrouverons à chaque instant dans des sculptures mérovingiennes ou visigothiques. Il me semble évident que la croix est ici un symbole de l’Eucharistie, puisque c'est de son bois que coule le sang divin, symbole que la tradition chrétienne n’a jamais abandonné et qui reparaît sur les miniatures carlovingiennes, lorsque on y représente le calice sous les pieds de Jésus crucifié. (PI. CGCXX.) Les exemples de médailles s’offrent en assez grand nombre. Un triens d’or du musée de Vienne, en Autriche, porte sur la face la légende Dagobertus rex et une tête diadémée 2 ; au revers un calice ansé surmonté d’unecroix etla légend eFantotiano. Lescollections Chassaing, d’Amécourt, le musée Britannique, en possèdent de ce genre qui remontent à Caribert (7 63 r); le cabinet de France, le musée de Rennes, la collection Voillemier en ont d’analogues. Caribert est le frère de Dagobert, en faveur duquel ce roi forma le royaume d’Aquitaine en 628. La meilleure médaille est celle de Mende, le dessin y est plus correct; les deux anses, ce qui devient de

1. Robert, Numismatique de la province de Languedoc , X, i3 et 14.

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