‹ La messe (volume 4)Chapitre 115 sur 335 · Barbier de Montault, Trésor de Sainte-Croix · texte numérisé non relu

Barbier de Montault, Trésor de Sainte-Croix

2. Grégoire de Tours, Viteepatrum , V III, xi. (M igné, ro4çi).

Saint Grégoire parle ailleurs d’un calice d’or tellement pesant qu’on put, en le réduisant en monnaie, payer la rançon de la ville de Tours : « Effracto uno de sacris ministeriis calice aureo, « et in numismata redacto se populumque redemit » h

Ce fait ne pouvait se produire que dans les cas d’impérieuse nécessité, car le concile d’Agde (5o6) 2 défendit, dans son vne canon, de vendre les vases sacrés. Mais nous devons tirer argument, pour le prix qu’ils avaient alors, de la règle qui les défendait contre toute dilapidation et de l’exception que la nécessité imposait.

Il est possible que le fameux urceus de Soissons:!, qui valut la mort an soldat de Clovis, fût un calice, car nous trouvons ailleurs, chez Grégoire de Tours, cette expression jointe à la désignation d’une patène.

Les exemples que nous avons rapportés montrent que les calices précieux étaient le plus souvent des présents faits par les princes aux basiliques célèbres ; ils prouvent implicitement que l’usage n’en était pas général. Saint Grégoire de Tours nous parle lui-même de calices de verre; il rapporte qu’à Milan un diacre avait brisé un calice de cette espèce dans l’église Saint- Laurent; comme ce vase, malgré le peu de prix de la matière, était d’une grande beauté , le diacre désolé en recueillit les fragments, les déposa sur l’autel et pria le martyr de réparer le malheur, ce qui eut lieu miraculeusement4.

Le même historien mentionne une patène de verre bleu saphir, que saint Martin aurait rapportée de la cour de Maxime.

A Rimini, dans les fouilles de Saint- André, église du vi° siècle, et villa Ruffi, on trouva des débris de calices de verre blanc pédiculés, qu’on a déposés au musée, où je les ai dessinés. (PI. CCLXXVI). Je ne puis cependant affirmer leur origine liturgique.

Page 1