Garrucci, pl. CCCXLV
VIe SIECLE. — MARBRES FUNÉRAIRES, ETC.
Un chapiteau à Parenzo (542) nous montre un calice entre deux aigles; il est orné de godrons; d’après le dessin qu’en donnent les Annales archéologiques (xii, 2 1 6), les anses tournent leur volute à l’extérieur , disposition singulière et différente des monuments ordinaires.
M. Errard en a dessiné deux autres dans la même basilique, dont l’un a les anses très développées, le col orné de spirales, la panse godronnée, le pied très petit.
Le même artiste a relevé sur un bénitier de Bagnacavallo un calice avec coupe et pied coniques et deux appendices à leur jonction, ou il faut sans doute voir des anses. Ce vase est accompagné de rosaces et de croix1.
Nous pouvons nous appuyer sur le témoignage de M. de Rossi 2 pour faire intervenir les marbres précédemment examinés parmi les monuments eucharistiques, car l’éminent archéologue considère le bas-relief du musée de Rimini (PI. CCLXXXII) comme un symbole du saint mystère, et ses attributs sont précisément les mêmes. Nous y retrouvons, comme à Ravenne, le va»e cannelé, ansé, la croix, les colombes, les rinceaux de pampre. Nous avons déjà montré les raisons qui font du vase crucifère le calice de nos autels; nous ajouterons seulement que l’usage pour le célébrant de tracer le signe de croix sur le calice remonte à une époque fort reculée3. Ce marbre porte tous les caractères du vie siècle.
Venise nous offre plusieurs marbres qui valent la peine d’être mentionnés. Sur la place Saint- Marc, un pilier carré, isolé, porte l’image d’un calice de forme allongée. Son col, d’où s’échappent de larges branches de vigne avec raisins, est cannelé; sa panse, sertie dans le haut d’un double câble, est godronnée, son pied est conique et surmonté d’un nœud. Lorenzo Tiepolo aurait rapporté ce pilier d’Acre 4 (l’antique Ptolémaïs) où il figurait dans l’église Saint-Sabas, construite au vie siècle; les Vénitiens et les Génois s’étant pris de querelle au sujet de la possession de l’église, les premiers s’en emparèrent de force, la rasèrent