‹ La messe (volume 4)Chapitre 128 sur 335 · Du Saussay, Panoplia sacerd., I, lib. v. De Stola sacra · texte numérisé non relu

Du Saussay, Panoplia sacerd., I, lib. v. De Stola sacra

c. viii, p. 87.

CALICES

« noble monastère dans le diocèse de Paris, les « religieuses me montrèrent leurs reliques, et, entre « autres trésors de l'Église, elles me présentèrent « et me remirent même entre les mains un calice « fait par saint Éloi, évêque de Noyon et conte fesseur, tout en or très pur *, entouré sur le « bord extérieur de sa coupe de pierres précieuses « ainsi que dans le bas, jusqu’au sommet de la « coupe ; l’orifice est un peu plus étroit qu’à nos « calices actuels, quoique ce vase ait une hauteur « et une capacité supérieures, puisqu’il contient « presque une hémine. Cette précieuse relique fut « donnée à ses vierges par la reine sainte Bathilde, « fondatrice du monastère. »

Pendant leur séjour à Chelles (3o mai 1718), D. Martène et D. Durand eurent entre les mains le calice de saint Éloi : « On nous fit voir aussi, « disent-ils, le calice de saint Éloy, dont la coupe « est d’or émaillé. Elle a un peu plus d'un demi- « pied de profondeur et presque autant de dia- « mètre, le pied est beaucoup plus petit. Je n’au- « rais pas de peine à croire que ce calice fut donné « autrefois au monastère de Sainte-Bathilde, qu’il « servait pour les jours de la communion sous les « deux espèces, et que l’on appela « le calice de « saint Éloy », parce que ce saint, qui était un des « directeurs de la sainte, s’en servait ordinai- « rement. Quoi qu’il en soit, on conservait encore « autrefois la patène d’or du même calice, mais il « y a plus de trois cents ans qu’on la fondit pour « faire la châsse de sainte Bathilde » s.

Le 23 juin 1792, les Dames de Chelles remirent aux commissaires du district de Meaux l’argenterie qu’elles réputaient inutile au culte de leur église, entre autres deux calices, dont un de vermeil, « un autre calice venant des reliquaires, étant de saint Éloi, » etc. Le procès-verbal de cet acte d’impiété est conservé aux archives départementales de Seine-et-Marne.

Le dessin de du Saussay était de la grandeur originale, comme on le constate par la concordance de ses dimensions avec celles indiquées sur les descriptions. Nous avons donc pu le restaurer géométralement. (Pl. CCLXXXVIII.) Des documents que nous avons exposés, il résulte que ce

1. Totus ex auro purissimo, gemmis in circuitum cuppa in parte exteriori decoratus atque etiam in inferiori parte.

Du Saussay, Panoplia sacerd., lib. vin, De sancto calice, p. 199 et 200.

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