‹ La messe (volume 4)Chapitre 127 sur 335 · Pitra, Spicileg. Solesm., IV, p · texte numérisé non relu

Pitra, Spicileg. Solesm., IV, p

Barbier de Montault : Parmi les rares mentions de calices faites à cette époque en Italie, nous devons rappeler l’histoire de saint Barbat (682), évêque de Bénévent, qui fit, d’une vipère d’or qu’on adorait, un calice et une patène. (Auteur anonyme du Monastère de Saint-Jean de Capone.)

misérable auquel la domination lombarde avait réduit l’Italie, expliquent trop cette pauvreté et prouvent la sincérité du Livre pontifical. Les Gaules n’étaient pas plus heureuses; au milieu des discordes qui les épuisaient, sous les rois fainéants, ces ombres silencieuses et impuissantes qui occupèrent alors le trône de Clovis, l’art ne pouvaient que dépérir ; les trésors 1 naguère si riches en objets antiques et qui fournissaient aux ouvriers de précieux modèles, et des vases qu’une simple monture accommodait aux besoins nouveaux, ces trésors étaient dilapidés et dispersés; la guerre absorbait tout dans le pays.

Au milieu de cette sombre décadence, il nous reste cependant sous les yeux un point brillant; le nom de saint Éloi, auquel le nimbe de la sainteté et l’illustration de l’artiste prêtent un double éclat, éclaire encore cette malheureuse époque. La tradition s’y est rattachée avec empressement et nous désigne2 une quantité d’œuvres pour celles du saint orfèvre ; nous aurons plusieurs fois, dans le cours de ces études, occasion de les signaler ; nous devons, dès à présent, en ce qui concerne les calices, mentionner un riche gobelet d’émail conservé jadis à Chelles, et que son style semblait authentiquer. Cette précieuse relique nous fut soustraite, comme tant d’autres, par la Révolution, mais nous en conservons un grand dessin et des descriptions qui nous permettent de l’étudier.

André du Saussay, qui visita Chelles en 1 6 5 1 , nous en a laissé cette description : « Saint Éloi, « évêque de Noyon, lequel, avant d’avoir été « évêque, fut un orfèvre très habile, façonna le « calice d’or que l’on conserve au monastère de « Chelles dans le diocèse de Paris. Il y a quelques « jours il m’a été donné de le voir et de le « manier; sa capacité est d’une petite hémine 3 ; « tout en or, orné sur le bord supérieur de pierres « précieuses, il est tout brillant de peinture à « l’encaustique artificieusement distribuée4. » Il ajoute encore: « Au mois de juin dernier, « comme je me trouvais à Chelles, antique et

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