Rohault de Fleury, Sainte Vierge, pl. XLV
Le Livre pontifical rappelle un grand nombre de calices destinés, non au saint ministère, mais à la décoration des basiliques, où on les suspendait sous les arcs des nefs ou dans les entre-colonnements du chœur. Bien que ces vases ne soient pas aussi intéressants pour nous, ils méritent d’être mentionnés dans ces études, car, s’ils ne servaient pas directement à l’Eucharistie, ils en répétaient le souvenir dans l’Église.
L’usage de suspendre des vases, dans l’intention de décorer les édifices, remonte à l’antiquité. On conserve au musée de Naples un joli vase bleu couvert de dessins blancs, qui paraît destiné à la suspension, car un pied aurait masqué d’une manière regrettable les sculptures de la partie inférieure h
J’ai dessiné sur les fresques de Pompéi, dans le quartier nouvellement découvert, des vases, des cornes attachés à des rubans et formant de charmants motifs de décoration qui ne laissent aucun doute sur ce goût des anciens.
L’époque carlovingienne, héritière fidèle de l’antiquité, ne pouvait négliger un si bon moyen d’orner les basiliques. Aussi voyons-nous Léon III offrir à Saint-Paul onze grands calices d’argent pour être suspendus sous l’arc triomphal, et quarante autres pour les entre-colonnements de la nef, c’est-à-dire un calice par arcade2.
Le diamètre du grand arc égale i4m70, ce qui laisse entre ces calices un intervalle d’environ im20. Si nous supposons tous ces calices de poids égal, nous devons attribuer à peu près 1675 grammes à chacun d’eux, poids médiocre relativement à 1 importance que devaient avoir ces vases au milieu d’un si vaste vaisseau.
Le pape Pascal (817) imita son illustre prédécesseur; il offrit à Sainte-Cécile 26 calices majeurs en argent pesant ensemble 109 livres et demie, soit 1 540 grammes par calice3; à Sainte-Marie- Majeure, 42 calices d’argent du poids total de 281 livres pour les grands arcs, ce qui fait plus de deux kilog. par vase1. Il faut sans doute ici entendre par arcus majores l’arc triomphal qui porte