Baronius, ix“ siècle
Dougthy, p. 148.
6. Ponuntur quoque tune vasa sancta (quod calix est et patena) super altare,quae quodammodo Dominici sepulchri
Il n'est pas inutile de consulter encore ici les images de calices que peuvent nous offrir les monuments. A Murano, une dalle de chancel nous montre un vase dépourvu de col et dont les anses arrondies par le bas en volutes se retournent carrément dans le haut.
Sur le haut de l’ambon de Saint-Marc, un calice ansé, godronné, porte une figure et une croix. (PI. CCXCVII.)
A Ravenne, sur un sarcophage de Classe, j’ai estampé un calice ansé, largement ouvert et garni de méandres au col, godronné à la panse et posé sur un pied exigu.
Sur les bas-reliefs du Paliotto de Milan, nous avons relevé à la messe de Saint-Martin un calice ansé, évasé et que le diacre tient à deux mains. (PL VIII.)
Nous avons grossi (PL CCXCVII) l’ivoire de Francfort pour mieux montrer que dans la PL IX la forme du calice; la silhouette du vase conique en haut et en bas rappellent les monnaies mérovingiennes.
Les miniatures nous valent surtout ici d’abondants renseignements. On m’a communiqué à la Bibliothèque de Naples un manuscrit du ixe siècle qui provient de la cathédrale de Troja1; parmi les miniatures, qui nesontà vrai dire quedesdessinsau trait avecquelquesteintes, on en voitune quireprésente la Cène, et, sur la table, un grand calice portant le poisson. Ce vase, en forme de coupe très évasée, monté sur un nœud et un pied feuillagé, est plutôt une patène, mais un des convives a dans la main un verre conique et allongé qui doit mieux donner idée des calices de ce temps et de ce pays.
C’est à peu près la donnée de notre beau manuscrit grec (5 1 o) de la Bibliothèque nationale, oü l’on voit le poisson sur une large coupe pédiculée et trois calices à boire beaucoup plus petits avec coupe, nœud et pied.
La France est le pays le plus riche en miniatures carlovingiennes, et nous pouvons y puiser
typum habent quia sicut tune corpus Christi aromatibus unctum in sepulcro novo per piorum officium condebatur, ita modo in Ecclesia mysticum corpus illius cum unguentis sacræ orationis conditum in sacris vasis ad percipiendum fïdelibus per sacerdotum officium administratur. (Migne, 107, p. 324. — Raban Maur. De clericorum inst.)
1. Homélies de saint Grégoire. — Origène, Bède, etc., VI, B. 2.
IXe SIECLE. — CALICES SUSPENDUS.
IOI
abondamment des images de calices. Le sacramentaire de Drogon, de la Bibliothèque nationale, nous offre plusieurs exemples de calices d’or; ces vases ansés, à col très ouvert, large panse, pieds coniques, rappellent les calices de Venise. (Pl.V et VI.)
Dans le sacramentaire de Tours (PL VII), on voit sur l’autel un calice d’or à coupe ovoïde, monté sur un pied noué et évasé. Celui représenté dans la main du sous-diacre, au sacramentaire d’Autun, est du même genre, seulement un peu plus riche et orné d’une zone de pierreries au bord supérieur. Ce dernier manuscrit nous montre un calice ovoïde et sans anses dans un médaillon, devant un agneau nimbé.
Dans l’évangéliaire d’Épernay, on trouve des peintures de calices d’or ansés, ou les oiseaux viennent becqueter des raisins.
La Bible de Munich, dans la miniature qui ligure la messe, nous montre sur l’autel un calice d’or du même genre qu’au sacramentaire de Tours, avec coupe hémisphérique ornée de colliers, nœud et pied conique L
Au ix6 siècle, nous trouvons souvent dans ies images un calice disposé aux pieds du Sauveur crucifié et destiné à recevoir le sang qui s’en échappe. Dans la Bibliothèque de Vienne"1 2 (Autriche), on cite un manuscrit d’Otfride de Wissembourg (-]- 870), disciple de Raban Maur, et une peinture du crucifiement qu’il contient, dans laquelle des jets de sang sortent des pieds de Jésus- Christ pour retomber dans un calice; ce calice ansé, sans moulure, entre le col et le corps du vase, a plutôt la forme d’une ampoule. Un évangéliaire de la bibliothèque de Bruxelles (n° 9428) présente ce même vase qui doit recueillir les gouttes du précieux sang, mais il a davantage le caractère d’un calice; il est ovoïde, noué, pédiculé; son nœud est très riche3 4. (PI. CCCXX.) A la Bibliothèque nationale, dans le manuscrit ioq38, Notre- Seigneur est figuré posant les pieds sur le calice, lequel est fort orné, décoré de pierreries sur le bord, de perles au nœud ainsi que sur les arêtes du pied *.