Bible de Charles le Chauve, f° 326 v
de deux anses qui embrassent tout le profil du vase pour s’arrondir en volutes dans le haut.
Ce manuscrit et l’évangéliaire du Mans, qui date de la seconde moitié du ixe siècle, figurent aussi parmi ces vases de suspension des cornets 1 ourlés de perles, de quadrillés, de petites boules; une colombe repose sur le bord de l’un d’eux.
Quelquefois ce sont de simples coupes plates et pédiculées, des olifants; souvent des aiguières ou burettes munies d’une seule anse, par laquelle elles sont retenues à la chaîne.
La mosaïque de Saint-Ambroise de Milan rappelle encore cet usage de suspendre des vases et nous montre, dans les galeries supérieures de la basilique de Saint-Martin, un calice d’or, à panse sphérique, suspendu par trois chaînes fixées au col. (PI. CCXCV. Voyez Régna , PL CCCXCIII.)
On peut, à l’aide de documents si complets, s’imaginer l’effet que produisait cette orfèvrerie aérienne; en entrant par exemple à Saint- Paul, lorsque la basilique était enrichie par les présents de saint Léon, on voyait tout d’abord les onze calices se balançant majestueusement sous le buste du Christ en mosaïque, suivant, comme sur des degrés, l’intrados de l’arc triomphal; puis, si les yeux, quittant les sommets tout resplendissants des scènes de l’Apocalypse, s’abaissaient sur les longues arcatures qui dessinent la grande nef, ils trouvaient là encore, tantôt éclatant sous un rayon de soleil, tantôt à demi cachés par un voile de chrysoclave, tantôt tremblant sous une brise mystérieuse, ces vases d’or qu’on nommait des calices sans doute pour glorifier l’Eucharistie. De tous côtés les regards rencontraient ces calices, souvenir de l’adorable mystère de l’autel, ces calices qui étaient moins une manière de décoration, moins un témoignage de la munificence pontificale qu’une mémoire figurée du breuvage sacré.