Bull, mon., 1881, p
3. Calques manuscrits de M. de Bastard à la Bibliothèque nationale, vol. VII, 20.
XIe SIÈCLE. — ITALIE.
ments que la papauté eut alors à traverser : les luttes contre les empereurs, la formidable alliance des Normands, l’exil de Grégoire VII, etc. Au milieu de tant de ravages et de désastres, on comprend qu’il restait peu d’argent et peu de temps pour s’occuper de l’argenterie des églises. Nous sommes obligés de demander nos rares renseignements aux peintures et aux inventaires. — Citons, par exemple, un calice que nous avons calqué sur une des fresques de l’église souterraine de Saint- Clément. (PL CCCX.) Ce vase est en or, godronné sur la coupe et le nœud, muni de deux anses, le pied est orné de larges perles.
Il semble qu’en Italie les anses devinssent plus rares sur les calices ; nous trouvons en Dalmatie, sur le campanile de Spalatro, une image d’un autel sous une lampe et portant un calice entre deux chandeliers. Le calice présente une simple coupe placée sur un pied évasé1.
Le pape Victor III (1086 -J- 1087) légua de riches calices au mont Cassin : « Calices aurei xii, cum patenis suis, vu majores et vi minores. Fistula aurea cum angulo, calices argentei Saxonici 11
et alii argentei vu, fistulæ argenteæ 11 . Calices
onichino duos2. » — Il est question dans la chronique du mont Cassin d’un calice d’or que l’empereur avait fait déposer sur l’autel de saint Benoît3 4.
On peut juger de l’état misérable auquel certaines églises étaient réduites en Italie, par l’histoire de la fondation du monastère de Saint-Michel, à Pise. — L’abbé Bono (vers 1048) raconte qu’avant lui il n’y avait dans le sanctuaire qu’un missel et un calice d’étain, et que bientôt, grâce à sa diligence, on y trouvait quatre calices dont un en or pesant 1 1 onces L
La forme de ces calices était peut-être celle que nous voyons encore dans les manuscrits contemporains de la célèbre abbaye, celui, par exemple, gravé (PL CCCXXXIX), formé de deux coupes semi-ovoïdes réunies par un nœud, dont l’une renversée servait de pied à l’autre. A la page 71 du
1. Jahrbuch der k. k. central commission. Vienne, 186 1 , vol. V, p. 242.