Des Calices, p. iq
3. Saint Birin, évéque de Dorcester, 640. — Aperto sepulcro inventum est integrum cum calice.
CALICES
qu’à celui d’Hildesheim dont nous parlerons tout à l’heure. L’usage d’ensevelir les prêtres avec les instruments du sacerdoce, comme on enterrait les guerriers avec leurs armes dans l’antiquité, a eu cours dans tous les temps; nous l’avons reconnu au xie siècle, à propos de Udo et de Hezilon; nous pouvons citer pour la même époque le petit calice d’or découvert à Trêves dans le cercueil de l’archevêque Poppo (f 1049), clu^ n’a que °m°5 de hauteur, et qui appartient aujourd’hui, ainsi que la patène, à un curé de cette ville. Nous l’avons gravé d’après un dessin envoyé par M. Houben h (PL CCCXXIII.)
M. le docteur Schnütgen possède dans sa belle collection de Cologne un petit calice d’argent qui a peut-être eu cette destination funéraire; il est simple, uni, garni d’un rang de perles; sur la patène, de om09 de diamètre, on voit l’agneau avec le nimbe crucifère et l’inscription : Agnus Dei. On l’attribue au commencement du xie siècle 2.
Le Musée néerlandais, nous écrit M. Stuers, de La Haye, possède un anneau épiscopal et un petit calice d’argent, en forme de tulipe, trouvés dans le tombeau de saint Bernulphe (-f- io56). On trouva aussi à Troyes, dans le tombeau d’Hervé (-J- i2o3), un calice d’argent; mais il semble que la coutume d’enterrer des vases précieux se soit très affaiblie dès le xie siècle. Cette libéralité envers les morts avait, outre la dépense qu’elle exigeait, l’inconvénient d’exciter les convoitises des spoliateurs et d’entraîner, malgré les anathèmes formulés pour protéger les tombeaux, de fréquentes violations de sépultures. Nous avons vu, à l’article des Confessions, que les reliques des saints furent reconnues en grand nombre aux xi® et xne siècles, et qu’on ouvrit les châsses pour les vénérer; ce fait m’expliquerait la présence de beaucoup de calices d’étain, dont la forme ne permet pas de reporter la fabrication à une époque plus ancienne, et qui durent alors remplacer dans les tombeaux primitifs des vases plus précieux, conservés sans doute avec respect dans les trésors. Cela expliquerait aussi que ces calices, relativement modernes, portent des noms antiques, que leur présence dans les anciennes sépultures leur firent donner3.