Antiquités de Saint-Denys, p
Dans le livre de Suger sur les actes de son administration : Comparavimus etiam præfati altaris officiis calicem pretiosum quod est de sardio et onice...
Barbey de Jouy, Gemmes et joyaux de la couronne, 1 865.
C’est au même calice que semble se rapporter cette description de Germain Millet ( Trésor de Saint-Denys , in-12, 1645, p. 1 10) :
« Un calice très exquis, fait d’une très belle agathe, gauderonné par dehors, admirable pour la beauté et la variété des couleurs qui s’y sont trouvées naturellement esparses çà et là en façon de papier marbré, garny d’un
CALICES
plat de jade, bordé d’une bande de perles et de divers cabochons, que l’on conserve au musée du Louvre, où je l’ai dessiné. Un document qui fait partie des papiers de Montfaucon, confirme ce rapprochement, et il nous apprend que le calice était monté en argent doré h Les pierreries de cette patène sont entremêlées de verroteries cloisonnées qui affectent la forme de cœurs, de trèfles ou de fleurs de lis, et accompagnées à la circonférence d’une suite de petits cylindres en verre rouge. Il est probable que le plat de jade était antique et qu’il fut monté par les soins de Suger; il est possible aussi que les petits poissons d’or qu’on voit incrustés dans le fond, datent de l’époque de ce remaniement. (PI. CCCIX.)
Nous avons gravé, parmi les calices de Venise, une coupe de cristal de roche dont le pied arabe est orné de gazelles 2. On sait que Thibaud, comte de Blois, avait reçu des vases de Roger de Sicile, et que Suger les lui avait achetés; c’est peut-être l’origine de ce calice et de la burette arabe.
Je ne sais à quel vase nous devons attribuer ce passage de D. Doublet 3 : « Le dit abbé ayant acheté « un calice pour servir à célébrer la sainte messe, « duquel il se servait es festes solennelles très ex- « quis et très rare, l’enrichit d’une agathe, la plus « belle que l’on eust sceu voir, de couleur rouge « et noire, d’une seule pièce, et néanmoins les deux « couleurs tellement distinguées, que l’on juge- « rait que ce seraient deux pierres diverses et en- « richies de pierreries. Il le donna au trésor. »
On conservait aussi dans le trésor de Saint- Denys un calice et une patène qu’on disait avoir servi au saint apôtre des Gaules ; nous en trouvons cette description inédite dans les papiers de Montfaucon 4 : « Le Calice de Saint-Denys est d’argent
pied et bord et de deux anses d’argent doré, le tout relevé de plusieurs camahieux et fleurons d’or, très délicatement travaillez et de plus enrichy de grand nombre de perles et pierreries de diverses espèces, et entre autres d’un onix, sur lequel est gravé un oyseau et un ametiste portant la face d’un homme. »
1. Latin, 91912. Le dessin qui accompagnait ce document est malheureusement perdu.