UT SACER HIC SANGUIS RESTAURET QUOD NEGAT ANGU1S
Des chalumeaux étaient joints au calice.
La patène n’est pas moins remarquable. L’auteur y a figuré véritablement la table du cénacle, au centre l’Agneau pascal, et autour, les plats, le calice et les ustensiles du festin; Notre-Seigneur est assis avec les apôtres sous treize lobes. Cette composition est merveilleusement grande par l’idée et par l’exécution; elle rappelle l’usage de la patène, le Christ prêtre, le Christ victime, la croix centre de tout, les apôtres qui trouvent la vie dans le banquet, Judas qui s’y perd en mettant la main près de celle de son maître, et enfin cette scène contemplée par des anges, sur la bordure, au milieu d’entrelacs coufiques. Tout cela est clair par la pensée et par l’expression; cependant l’artiste a voulu la mieux formuler encore en y ajoutant des inscriptions sur trois zones. La première, autour de l’Agneau, est ainsi conçue1 (PI. CCCXVIII) :
4- peccati morbis hoc agno solvitur orbis Autour de la table qu’elle sépare des apôtres :
-|— MORS EST INDIGNIS H.EC CENA, SALUSQUE BENIGNIS QUI CARNEM NUDAM MALUS ACCIPIS ASPICE JUDAM
Enfin la dernière au-dessus des lobes :
4- HEC DUDENA COHORS FIT IN HOC MUNERE CONCORS -f- HIC PIA VITA DATUR, TETRA MORS HOC PANE FUGATUR -f PECTORE TRACTATUR, QUOD VISU RITE NEGATUR -p EST CARO NON PANIS QUA MENS REPARATUR INANIS
M. Stein avait dans sa collection un calice qui provenait d’un monastère de la Bavière méridionale, et qu’on peut rapprocher à certains points de vue de celui de Salzbourg. Il nous l’a communiqué avec son obligeance ordinaire. La coupe, ornée des bustes des douze apôtres figurés
i. Darcel, Les arts industriels en Allemagne.
sous des arcatures et dessinés en nielle, est, sur le bord, gravée d’une inscription du xve siècle et percée de plusieurs trous dont j’ignore le motif, mais qui sont antérieurs à l’inscription ; elle est unie en dessous. La bande qui la sépare du nœud porte cette inscription (PL CCCXY):